Ray-grass italien : durée, alternativité et ploïdie
Le choix d’un ray-grass italien dépend d’abord de la pérennité de la prairie, puis du contexte pédoclimatique et du mode d’exploitation dominant.
Avant de comparer des variétés, fixez donc la durée voulue de la prairie et son usage (stocks, affouragement ou pâture), puis comparez l’alternativité et la ploïdie, deux critères distincts.
Le ray-grass d’Italie, ou RGI, a une pérennité de 6 à 18 mois, voire 2 ans pour les variétés non alternatives. Le ray-grass hybride, ou RGH, convient à une prairie de 2 à 3 ans ; le ray-grass anglais, ou RGA, à une prairie de 4 à 5 ans.
L’alternativité est l’aptitude à épier l’année du semis. Elle ne concerne que les RGI et les bromes lors des semis de printemps, et n’est à rechercher que pour fournir rapidement du fourrage après un semis printanier.
Pour une exploitation en pâture après un semis de printemps, la variété non alternative est à privilégier : elle doit être vernalisée (froid et jours courts) pour épier, donc n’épie pas la première année.
Le RGI alternatif peut être valorisé en affouragement en vert, en ensilage ou en enrubannage.
Chez le ray-grass, les diploïdes tallent davantage. Les tétraploïdes sont plus riches en eau et sèchent moins vite : ils sont à éviter en fauche.
La remontaison est l’aptitude à former de nouveaux épis après une exploitation ayant supprimé ceux de la pousse précédente. Le dactyle et la fétuque élevée sont non remontants : leurs repousses sont exclusivement feuillues.
Ray-grass diploïde ou tétraploïde, alternatif ou non alternatif : définitions
Un RGI alternatif n’a pas besoin de froid pour engager son cycle reproducteur. Après un semis de printemps ou de fin d’été, il peut épier rapidement. Les tiges augmentent le rendement en matière sèche et la teneur en fibres, tandis que la qualité alimentaire diminue avec l’épiaison. Le non alternatif reste feuillu jusqu’au printemps suivant, ce qui favorise une première exploitation au pâturage.
Les alternatifs classiques ont une pérennité indicative de six à douze mois. Les types très courts, dits Westerwold, peuvent disparaître après la première exploitation. Les non alternatifs produisent plutôt pendant douze à dix-huit mois, selon la variété.
Les inconvénients du ray-grass italien tiennent donc à sa courte durée de vie et, pour le type alternatif, à la qualité alimentaire qui baisse avec l’épiaison.
Les diploïdes possèdent quatorze chromosomes ; les tétraploïdes en possèdent vingt-huit. Les variétés tétraploïdes ont généralement des feuilles plus larges et un port plus étalé. Leur teneur en eau et leur appétence diffèrent aussi. Pour un semis de septembre, le choix d’un non alternatif limite le risque d’épiaison avant l’hiver et facilite la valorisation du couvert.
Sol et associations prairiales
En terrain superficiel et séchant, le dactyle, le brome, la luzerne et le lotier corniculé sont à privilégier ; face à la sécheresse, dactyle, fétuque élevée, brome, luzerne et lotier résistent le mieux. En situation humide, voire hydromorphe, la fétuque des prés, la fléole et le trèfle hybride conviennent. Dans les autres situations, les ray-grass et les trèfles violet et blanc sont adaptés. Le RGA ne pousse plus dès que la température dépasse 25 °C.
Les légumineuses fixent l’azote atmosphérique par symbiose, au profit de la plante et des espèces non légumineuses associées. Les prairies associant graminées et légumineuses apportent une économie d’azote, une meilleure production estivale et des fourrages plus équilibrés en énergie et protéines.
Pour le pâturage, les variétés demi-tardives ou tardives montent plus tard à épis.
Les trèfles de Micheli et vésiculé produisent une forte part de graines « dures », à dormance plus longue ou à germination décalée. Tenez-en compte quand vous choisissez un mélange.
Ray-grass italien et trèfle incarnat : une association de courte durée
Le trèfle incarnat, légumineuse annuelle, peut accompagner le ray-grass italien, espèce peu pérenne.
D’autres légumineuses annuelles accompagnent aussi cette espèce : les trèfles d’Alexandrie et de Perse, ainsi que les trèfles de Micheli, squarrosum, resupinatum et vésiculé, qui ne sont pas soumis à certification.
Ray-grass anglais et trèfle blanc : une prairie pour la pâture
Au pâturage, le ray-grass anglais et le trèfle blanc sont les plus adaptés ; leur production faiblit lors d’étés très chauds.
Ray-grass hybride et trèfle violet : une prairie de fauche
Pour une prairie de 2 à 3 ans, le ray-grass hybride, le brome et les trèfles violets et hybrides sont des choix pertinents.
Les RGI, RGH, brome, trèfle violet et luzerne sont des espèces à réserver à une utilisation en fauche dominante, voire exclusive.
Engrais pour ray-grass : phosphore, potasse et azote
Avant de fixer une dose, réunissez vos analyses de sol, vos apports des dernières années et votre objectif de récolte. Dans vos calculs, gardez bien séparées les unités du produit et celles de l’élément fertilisant (P₂O₅, K₂O).
Le phosphore contribue au développement racinaire et le potassium à la croissance foliaire : ils influencent la productivité et la pérennité des prairies. La fumure de fond, c’est-à-dire l’engrais pour ray-grass en phosphore et en potasse, se raisonne différemment en prairie temporaire courte en rotation et en prairie permanente.
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Pour les prairies temporaires de moins de 3 ans en rotation, les apports de P et K se calculent par la méthode du Comifer pour cultures annuelles, à partir d’une analyse de sol. Trois critères s’ajoutent aux teneurs en P₂O₅ et K₂O échangeables : l’exigence de la culture, le passé récent de fertilisation et la gestion des résidus de récolte des précédents, exportés en cas de prairie.
L’exigence d’une culture n’est pas son exportation : un foin de luzerne exporte 6,3 kg de P₂O₅ et 26,2 kg de K₂O par tonne de matière sèche, alors que la luzerne est très exigeante en phosphore et moyennement exigeante en potasse.
Un tableau à triple entrée de la brochure du Comifer donne un coefficient multiplicateur des exportations pour calculer la dose. Ses teneurs-seuils sont définies régionalement et par type de sol.
Pour le phosphore des apports organiques, le coefficient d’équivalence est en moyenne de 85 %, avec des variations selon l’élevage et le type d’effluent. La potasse d’un engrais minéral ou organique est entièrement soluble et disponible.
Parmi les engrais phosphatés minéraux, les superphosphates et phosphates diammoniques sont efficaces dans tous les types de sol (solubles au moins à 90 % dans l’eau). Les scories ne le sont que dans les sols à tendance acide. Les phosphates naturels sont insuffisamment efficaces quel que soit le sol.
Pour une prairie permanente, la méthode du Comifer n’est pas adaptée : les racines puisent les éléments en profondeur et les premiers centimètres du sol présentent un fort gradient de phosphore et de potassium. L’analyse d’herbe au printemps est plus pertinente que l’analyse de sol : elle rend compte de la disponibilité des éléments et de l’aptitude de la plante à les prélever.
Les prélèvements d’herbe se font en pleine pousse, avant épiaison, sans stress climatique et sans limitation en azote. Les indices de nutrition calculés à partir des teneurs en N, P et K ne sont interprétables que pour les prairies de moins de 20 % de légumineuses.
La fertilisation azotée favorise la croissance et, dans une moindre mesure, la valeur protéique réelle du fourrage. En cas d’excès, une part élevée de l’azote de la plante est contenue dans des formes non protéiques, moins bien valorisées par les ruminants.
Le stade physiologique est le premier facteur de qualité du fourrage. À mesure que les graminées vieillissent, leurs parois augmentent et deviennent moins digestibles ; la valeur énergétique et la teneur en protéines diminuent. Pour les animaux à haut potentiel, la récolte se fait avant le début d’épiaison. En ensilage, le préfanage vise 35 % de matière sèche pour les graminées et 45 % pour les légumineuses.
L’herbe au stade feuillu est peu encombrante et équilibrée en énergie et en azote. Les prairies d’association avec des légumineuses stabilisent cette valeur alimentaire dans le temps.
Prix du ray-grass italien : un relevé commercial daté
Au 28 octobre 2026, DS RONALDO coûte chez le vendeur SemBio 120 € HT le sac de 25 kg, soit 4,80 € HT/kg après conversion du prix du conditionnement.
Simulation fictive. Supposons un besoin décidé de 60 kg. Dans cet exemple, les sacs sont disponibles uniquement par 25 kg : trois sacs représentent 75 kg. Le vendeur accorde une remise de 3 % pour trois à sept sacs, soit 116,40 € HT par sac. Pour trois sacs, le montant calculé est donc de 349,20 € HT avant transport.
Pour comparer le ray-grass italien à un hybride ou à un autre type, demandez au vendeur le conditionnement et le prix par kilogramme de chaque référence. Si le stock affiché ne couvre pas votre besoin, vérifiez le conditionnement et contactez-le.
DS RONALDO est un ray-grass italien bio : une variété précoce à semi-précoce, biannuelle, adaptée aux fourrages et aux pâturages. Elle peut être associée au trèfle violet.
Prix du ray-grass sur pied : calculer le prix d’une coupe
Le prix de l’herbe sur pied est un compromis entre un prix plancher, qui permet au vendeur de couvrir les charges de la prairie et de rémunérer son travail, et un prix plafond, au-delà duquel l’achat n’est pas économiquement intéressant pour l’acheteur.
En 2024, le prix plancher de l’herbe sur pied d’un RGI de 18 mois (2 à 3 coupes dans l’année, rendement annuel estimé de 9 t de matière sèche par hectare) est de 80 €/t de matière sèche ; il passe à 95 €/t en année à faible rendement (−20 %) et à 65 €/t en année à fort rendement (+ 20 %). Le prix plancher moyen de l’herbe sur pied est de 65 €/t de matière sèche.
Pour vendre l’herbe récoltée, les coûts de récolte s’ajoutent à ceux de l’herbe sur pied. Prenez le rendement de la coupe vendue, pas le rendement annuel de la prairie. Le rendement se compte par coupe : 3 à 4 t de matière sèche par hectare en ensilage ou en foin, 2 à 3 t en enrubannage. Le coût de récolte, travail rémunéré à 22 €/h compris, est de 100 €/t en ensilage, 90 €/t en foin et 130 €/t en enrubannage.
Le prix plafond s’estime par le coût de remplacement de l’herbe par un mélange de paille, blé, tourteau de soja et urée, calculé à valeurs alimentaires (énergie, azote) et encombrement équivalents. Pour un foin moyen, il est de 200 €/t de matière sèche dans les hypothèses de mars 2024. Comparez les aliments de remplacement sur les mêmes unités : UFL par kilogramme de matière sèche pour l’énergie, grammes de PDIN et de PDIE par kilogramme de matière sèche pour l’azote. Pour négocier, refaites le calcul avec vos propres coûts de production et de récolte.