Pour préparer un audit HVE, reliez les interventions du registre aux critères du plan de contrôle. Le plan niveau 3, version 4.4 du 1er janvier 2025, utilise notamment le cahier pour vérifier les surfaces non traitées et les méthodes alternatives. Il ne suffit donc pas de remettre une liste de produits : il faut pouvoir expliquer parcelles, cultures, doses et superficies dans le critère concerné. [1][1][1]

La préparation ci-dessous se limite aux preuves phytosanitaires. Le niveau 3 comporte aussi biodiversité, fertilisation et irrigation, en plus de la stratégie phytosanitaire. [2]

Préparer une table de correspondance avec le plan V4.4

Identifiez le périmètre de l’exploitation, la campagne évaluée et la version utilisée par votre organisme. Écrivez les références des critères sur votre liste de préparation. Rassemblez ensuite le registre, le parcellaire et les pièces qui expliquent les interventions. Gardez les questions relatives à un critère dans le même dossier plutôt que dans une suite de messages dispersés.

Critère du plan consultéCe que la source vérifieDossier de préparation proposé
5.2.4, non-traitementCahier, parcelle, culture, quantité ou dose, superficieRapprochement des applications et surfaces
5.3, IFTBilan de doses de référence par campagneRésultats par catégorie et campagne
5.6.3, méthodes alternativesMéthode, matériel éventuel, parcelle, culture, surfaceComptes rendus des méthodes réalisées
5.7.3, matérielPrésence ou existence du matériel et justificatifsFactures, locations, prestations ou entraide

Les critères viennent du plan HVE ; le rangement proposé sert uniquement à rendre leur lecture plus directe. [1][1][1][1][1]

Avant l’audit, faites partir un collègue d’un critère et demandez-lui de retrouver sa pièce. S’il doit téléphoner pour comprendre une abréviation, ajoutez sa signification au dossier. Si la pièce existe mais reste classée ailleurs, préparez un renvoi. Une table courte et précise est plus utile qu’une répétition de documents sans explication de leur rôle.

Justifier la surface non traitée à partir des traitements

L’item 5.2 rapporte la SAU non traitée à la SAU totale. La définition retient les parcelles et bordures n’ayant reçu aucun produit phytosanitaire autre que les produits de biocontrôle pendant la campagne évaluée, avec une réserve pour les traitements obligatoires. [1][1][1]

Le contrôle 5.2.4 utilise le cahier d’enregistrement, y compris pour les prairies. Il demande notamment l’identification de la parcelle ou de l’îlot PAC, la culture, la quantité ou la dose de produit et la surface traitée. [1][1]

Construisez une liste de parcelles cohérente avec le dossier de campagne. Pour chaque traitement, rapprochez le lieu et l’étendue. Signalez une application qui ne concerne qu’une partie de parcelle au lieu de reporter automatiquement la totalité. Si une surface est considérée comme non traitée dans votre préparation, conservez les éléments qui permettent d’expliquer ce classement et la période concernée.

Le plan traite explicitement la prairie permanente avec application localisée : seule la surface traitée, et non la superficie totale, est retirée du calcul de SAU non traitée. Pour cet item, les infrastructures agroécologiques retenues sont prises en compte selon leur surface réelle, sans la pondération utilisée dans l’item consacré aux IAE. [1][1]

Évitez de réutiliser un chiffre calculé pour un autre indicateur sans revoir sa définition. Préparez une colonne décrivant la grandeur utilisée, une autre donnant son origine et une explication du traitement particulier retenu. Votre interlocuteur pourra ainsi comprendre le calcul sans devoir reconstruire les hypothèses à partir de plusieurs tableaux.

Exemple fictif de contrôle de cohérence des superficies

Dans cet exemple purement arithmétique, une exploitation imaginaire dispose de 100 hectares dans le périmètre de son tableau. Elle prépare une surface non traitée de 30 hectares après examen des traitements. Le quotient illustratif est 30 ÷ 100 × 100 = 30 %. Ces valeurs sont inventées ; elles ne constituent ni une note HVE ni une décision de certification.

L’intérêt de l’exercice est de tester le chemin documentaire. Peut-on retrouver les parcelles composant les 30 hectares ? Leur classement se rapporte-t-il à la même campagne ? Les parties traitées sont-elles expliquées dans les pièces ? Si un chiffre change, mettez à jour son origine et sa justification avant de recalculer le quotient.

Le principe du rapport entre SAU non traitée et SAU totale provient du plan ; les nombres de l’exercice n’appartiennent à aucune exploitation réelle. [1]

IFT : garder les catégories distinctes

L’IFT comptabilise le nombre de doses de référence appliquées par hectare pendant une campagne. Le bilan décrit dans le plan distingue herbicide, fongicide-bactéricide, insecticide-acaricide, autre, biocontrôle et semence. [1][1]

Pour la note de cet item, l’IFT Semence n’est pas inclus dans l’IFT hors herbicides. Le plan précise aussi que l’IFT Biocontrôle ne compte pas dans les points. Ne supprimez pas pour autant ces catégories de votre dossier de bilan : le document décrit leur existence séparément du calcul de la note. [1][1][1]

Élément du bilanQuestion à poser au moment de la reprise
HerbicidesLe résultat appartient-il à la campagne évaluée ?
Hors herbicidesLes catégories utilisées sont-elles explicites ?
SemencesLa catégorie demeure-t-elle identifiable ?
BiocontrôleLe bilan et la note sont-ils distingués ?
Résultat multiannuelDispose-t-on des valeurs propres à chaque campagne ?

Cette liste est une aide de relecture, fondée sur les distinctions du plan. Elle ne fournit pas de seuil régional ni de valeur de référence pour votre exploitation. [1][1][1]

Reconstituer une moyenne sans perdre les campagnes

Le plan prévoit d’extraire les IFT obtenus chaque campagne pour effectuer les moyennes dans un tableur. Il distingue les modalités possibles selon l’étape de certification. [1]

Préparez une feuille où chaque résultat garde sa campagne d’origine, son périmètre et la sortie qui le justifie. Une moyenne copiée depuis un ancien dossier ne permet pas toujours de voir quelles années ont été utilisées. Conservez les résultats élémentaires et faites apparaître la formule employée dans votre travail interne.

Exemple fictif : des valeurs imaginaires de 2, 4 et 3 donnent une moyenne arithmétique de 3. L’exercice illustre uniquement la conservation des trois valeurs de départ. Le choix des campagnes et de la modalité applicable se fait avec les dispositions du plan correspondant à votre situation ; cet exemple n’attribue aucun point et ne compare aucun système de culture.

Lors d’une reprise par un nouveau collaborateur, demandez-lui de retrouver les sorties des campagnes utilisées. Faites expliquer toute différence de périmètre avant d’agréger les chiffres. Ne mélangez pas un bilan d’une partie de l’exploitation avec un autre établi sur l’ensemble sans documenter ce changement.

Méthodes alternatives : montrer ce qui a été réalisé

Pour le contrôle 5.6.3, le cahier doit mentionner la méthode, le matériel le cas échéant, la parcelle, la culture et la surface. Parmi les conditions de l’item 5.6 figure l’économie effective d’un traitement chimique. [1][1]

Établissez une fiche par méthode réellement mise en œuvre. Donnez le lieu, la période et les pièces permettant de comprendre l’intervention. Une facture de matériel peut expliquer son acquisition, tandis que le compte rendu d’utilisation explique le travail sur la parcelle. Rapprochez les deux lorsque cela est nécessaire pour votre dossier.

Quand une méthode se limite à l’inter-rang dans les cultures prévues par le plan, la surface retenue pour cet item correspond aux deux tiers de la parcelle. Cette règle de calcul concerne l’item 5.6 ; elle n’est pas une consigne pour modifier la surface réellement traitée par un produit dans le registre légal. [1]

Pour une vigne ou un verger, décrivez donc l’emplacement de la méthode avec suffisamment de précision pour reconnaître rang et inter-rang. Conservez le compte rendu de l’opération et le raisonnement utilisé dans le tableau de l’indicateur. Une même intervention peut être utile à plusieurs dossiers, mais chaque calcul conserve sa définition.

Matériel acheté, loué ou utilisé en prestation

L’item 5.7.3 prévoit une vérification de visu ou sur factures d’achat, de location ou de prestation. En cas d’entraide, un justificatif formalisant celle-ci est présenté et vérifié. [1][1]

Classez les pièces par matériel et par campagne. Lorsqu’une prestation comprend plusieurs travaux, demandez une description assez claire pour rapprocher la facture de l’équipement utilisé. Si un document couvre plusieurs exploitations, conservez l’explication de la partie qui vous concerne. Pour l’entraide, réunissez le justificatif dans le dossier où vous avez déjà rangé le compte rendu d’intervention.

Préparez ensuite une lecture croisée : quel matériel justifie quel item, avec quelle pièce et sur quelles parcelles ? Résolvez les écarts de dénomination avant l’audit. La location peut porter un nom commercial différent de l’abréviation utilisée dans les fiches de terrain ; une correspondance interne rend ce rapprochement compréhensible.

Choisir le bon interlocuteur et le bon référentiel

La Région Nouvelle-Aquitaine oriente les exploitants vers la certification collective portée par la chambre régionale et vers des structures référencées. Ce parcours d’accompagnement se prépare avec les preuves prévues par le référentiel HVE. [3]

Terra Vitis indique de son côté que son cahier des charges se demande à l’association. GLOBALG.A.P. présente un dispositif IFA pour les fruits et légumes avec ses propres éditions. Ce sont des documents à identifier par leur nom et leur version ; une affirmation de compatibilité d’un logiciel ne décrit pas à elle seule leurs critères. [4][5]

Dans votre liste de préparation, donnez une destination à chaque demande : contrôle de l’utilisation, audit HVE ou autre certification. Réutilisez les pièces existantes lorsque leur contenu convient, tout en gardant la référence du critère auquel elles répondent. Pour revoir les champs de base, consultez le guide du registre ; pour une demande administrative, utilisez le dossier de contrôle.

Décrire les méthodes avec le vocabulaire du plan

L’item 5.6 cite les méthodes physiques, telles que le travail du sol détruisant les adventices, et les méthodes de biocontrôle : substances naturelles, médiateurs chimiques de type phéromones ou kairomones, organismes auxiliaires. Les méthodes manuelles peuvent être retenues si elles correspondent à une opération équivalente à un matériel de l’annexe 5 et restent contrôlables. [1][1][1]

Dans votre cahier, nommez précisément la pratique réalisée. Des libellés comme « passage », « entretien » ou « action bio » n’expliquent pas suffisamment le travail à celui qui reprend le dossier. Complétez l’identification de la parcelle, la culture et la superficie avec les éléments qui permettent de reconnaître la méthode. Pour une fourniture achetée, rapprochez la pièce d’achat de l’opération ; pour une intervention manuelle, préparez les éléments décrivant son exécution. Le contrôle demande ces informations de méthode et de localisation. [1]

Ne confondez pas l’enregistrement d’une pratique et son admissibilité dans un indicateur. Le plan prévoit notamment que la méthode ait permis d’économiser un traitement chimique. L’explication du dossier doit donc rattacher la pratique au critère, sans déduire automatiquement des points d’un intitulé commercial de fourniture. [1]

Cultures successives et durée de présence

Pour les cultures à cycle court, le plan indique que la surface retenue tient compte du nombre de cultures et de leur durée de présence pendant le cycle complet. Son mode de calcul ne consiste donc pas à reprendre systématiquement la superficie cadastrale entière pour chaque succession. [1]

Préparez une frise de travail avec les périodes de présence des cultures, les interventions alternatives et le compte rendu correspondant. Distinguez un cycle court d’une campagne entière. Une même superficie peut apparaître dans plusieurs pièces successives ; conservez leur chronologie pour éviter de faire disparaître la succession lors d’un regroupement de fichiers. Associez chaque opération à la production qui occupait le lieu au moment décrit.

Lors d’une revue avec l’organisme certificateur, présentez les valeurs élémentaires avant le total calculé. Votre interlocuteur peut alors comprendre quelle durée et quelle surface ont été utilisées. Gardez les questions d’interprétation avec la référence du critère et la réponse reçue, afin que l’équipe ne reproduise pas une ancienne hypothèse dans le dossier suivant.

Vérifier toute la famille de matériel

Le plan précise que les équipements valorisés à l’item 5.7 vont au-delà des obligations réglementaires. Pour comptabiliser un équipement, celui-ci doit être présent sur tous les matériels de la même famille utilisés dans l’exploitation. Le document donne l’exemple d’appareils équipés d’un système anti-gouttes. [1][1]

Établissez un inventaire lisible : désignation de l’appareil, famille, équipement présenté et justificatif. Faites apparaître les matériels loués ou employés en prestation avec leurs pièces. Lorsqu’un appareil est remplacé, conservez l’explication du changement dans le dossier de campagne. Ce suivi évite de justifier tout un parc avec une facture ne concernant qu’une machine.

Pour une différence entre l’inventaire et le terrain, décrivez l’appareil et le point concerné avant de modifier le tableau des indicateurs. Distinguez acquisition, disponibilité et utilisation dans les documents que vous préparez. Le rapprochement doit rester compréhensible pour l’auditeur comme pour la personne qui poursuivra le suivi après la visite.