Érinose de la vigne : évaluer le besoin de traitement

Les feuilles cloquées ne justifient pas automatiquement un traitement de l’érinose de la vigne. L’acarien microscopique Colomerus vitis provoque des boursouflures et un feutrage de poils au revers des feuilles. Son développement ne présente généralement pas de risque et aucun seuil de nuisibilité n’existe. Sur jeunes plantations, une intervention peut toutefois devenir nécessaire.

Colomerus vitis est un phytopte de la super-famille des Eriophyidea : petite taille, aspect vermiforme et seulement deux paires de pattes pendant tout son cycle biologique.

Les pétioles, les vrilles et les boutons floraux peuvent aussi être atteints. Les jeunes ceps subissent parfois des dégâts plus marqués que les ceps âgés.

Le feutrage est formé de poils végétaux hypertrophiés. Blanchâtre au départ, il devient rosé, puis brun à rouge selon les tissus et les cépages. Les phytoptes se protègent à l’intérieur de ce réseau.

Sur jeunes ceps, les attaques des rameaux peuvent produire des pousses rabougries et une allure buissonnante. Les sarments deviennent parfois inutilisables pour la taille de formation. Les inflorescences peuvent subir une coulure des fleurs atteintes, mais cela reste assez rare.

Le lien entre sévérité des dégâts foliaires et pertes à la récolte reste controversé.

La femelle est blanchâtre, avec un corps fusiforme et un bouclier dorsal triangulaire. Les œufs sont blancs, sphériques et lisses. Le développement alterne formes larvaires mobiles et phases immobiles.

Cloque de la vigne et traitement naturel de l’érinose : auxiliaires, puis traitement homologué

L’érinose a deux prédateurs naturels : la cécidomyie Arthrocnodax vitis, spécifique de cet acarien et dont la larve consomme adultes et larves du phytopte, et l’acarien Tydeus eriophyes, souvent rencontré au vignoble.

Le traitement se fait dès l’apparition des galles sur les feuilles, à la dose homologuée (voir E-Phy). Avant de traiter, faites identifier la cause des boursouflures ; pour l’érinose, surveillez surtout les jeunes plantations. Un seul passage suffit généralement à maîtriser l’érinose. Sur cépages sensibles, deux traitements (stades C-D puis D-E) peuvent être nécessaires. L’intervention précoce, au stade « bourgeon dans le coton », est importante.

Mildiou de la vigne : photos et comparaison des symptômes

Les taches de mildiou sur feuille sont d’abord translucides à huileuses, puis jaunissent et se nécrosent ; un duvet blanc se forme à leur face inférieure. Les photos de ces symptômes figurent dans la fiche de symptômes INRAE. Les autres maladies sont décrites dans le diagnostic du mildiou et des autres maladies de la vigne. Comparez les deux faces de la feuille et les autres organes atteints ; gardez séparés les clichés de référence et ceux du cep à identifier.

Araignée rouge de la vigne et autres acariens : traitement et préservation des auxiliaires

Avant un traitement contre les acariens de la vigne, identifiez le ravageur et regardez quels auxiliaires sont présents. Deux tétranyques posent surtout problème : Panonychus ulmi, l’araignée rouge, et l’acarien jaune Eotetranychus carpini. Les typhlodromes peuvent participer à la régulation naturelle de l’araignée rouge.

Les piqûres nutritionnelles de l’araignée rouge peuvent donner aux vieilles feuilles une teinte marron verdâtre et un aspect dit plombé. Les jeunes feuilles du haut du rameau peuvent conserver un vert clair qui contraste avec le feuillage inférieur.

L’araignée rouge ne produit pas de toile, contrairement à d’autres acariens.

L’araignée rouge hiverne sous forme d’œufs déposés à la base des sarments, autour des bourgeons ou sur le vieux bois. Plus tard, les femelles pondent sur les feuilles.

L’acarien jaune ne sévit sur vigne que dans la moitié sud de la France. Plus au nord, il vit uniquement sur les charmes et charmilles : deux races distinctes sont supposées.

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Les prédateurs naturels de Panonychus ulmi sont les typhlodromes : Typhlodromus pyri sur la façade atlantique et dans les régions septentrionales, Kampimodromus aberrans dans les autres régions. Leur installation est à favoriser.

Les acaricides se justifient en cas d’infestation importante : au printemps quand plus de 70 % des feuilles portent des formes mobiles, en été à partir de 30 %. Choisissez des produits neutres ou faiblement toxiques pour les typhlodromes.

En hiver, comptez les bourgeons occupés par des œufs : si l’infestation est importante, un traitement précoce est possible au printemps, à l’éclosion. Brûlez le bois de taille qui héberge les œufs d’hiver.

Renforcez la surveillance lors de températures élevées et par temps sec, favorables à l’araignée rouge. Évitez les fumures azotées excessives.

Plusieurs générations d’araignées rouges se chevauchent : une feuille peut porter des œufs, des juvéniles et des adultes. L’acarien rouge s’observe aussi bien sur la face inférieure que sur la face supérieure des feuilles.

Les œufs hivernants entrent en diapause et éclosent au débourrement. La température et l’hygrométrie influencent la vitesse de développement. L’absence de typhlodromes, la résistance aux insecticides-acaricides et une forte vigueur favorisent les pullulations.

Cicadelle de la flavescence dorée : transmission et diagnostic

La flavescence dorée est provoquée par un phytoplasme qui se développe dans les vaisseaux de la vigne. Scaphoideus titanus le transmet par ses piqûres alimentaires.

Les larves naissent saines et acquièrent le phytoplasme en se nourrissant sur un cep malade. Après multiplication dans l’insecte, il peut être transmis à un autre cep. Le vecteur infectieux le reste toute sa vie, sans transmettre le phytoplasme à sa descendance.

Les adultes, mobiles et dispersés dans le feuillage, sont difficiles à observer directement. Le piégeage chromatique améliore le suivi de leur présence.

Examinez les feuilles, les grappes et les rameaux. Recherchez décoloration et enroulement du limbe, dessèchement des grappes et mauvais aoûtement. L’expression des symptômes varie selon le cépage.

Le bois noir peut provoquer des symptômes similaires. Une analyse moléculaire en laboratoire permet de distinguer les phytoplasmes responsables.

Transmission et expression selon les cépages

Des vecteurs peuvent voyager sur le matériel viticole, notamment les écimeuses. Les vignes ensauvagées contribuent aussi à la dissémination.

Dans la vigne, le phytoplasme se multiplie dans le phloème et gêne le transport des produits de la photosynthèse. Leur accumulation dans les feuilles contribue aux symptômes. Dans l’insecte, il traverse la paroi intestinale, gagne l’hémolymphe puis les glandes salivaires. Il peut alors être inoculé lors d’un repas ultérieur.

Cabernet Sauvignon, Chardonnay, Grenache et Alicante Bouschet expriment facilement les symptômes ; Syrah et Merlot, moins nettement. Les vignes-mères de porte-greffes les expriment peu.

Retrouver les prescriptions régionales

Pays de la Loire : pour situer votre parcelle, consultez l’arrêté régional, la liste des références cadastrales des parcelles en zones délimitées, les cartes et les données géographiques, tous publiés par la DRAAF.

Grand Est : choisissez les documents de votre vignoble, alsacien ou champenois, car ils sont séparés ; une carte interactive et les dispositions hors zones délimitées sont publiées.

Pour le traitement contre la cicadelle de la vigne, le programme 2026 des Pays de la Loire en zone délimitée, hors pépinières et vignes-mères, prévoit trois traitements. En conventionnel : deux larvicides espacés de 12 à 14 jours, puis un adulticide. En bio : trois applications de pyrèthres naturels, uniquement larvicides, espacées de 7 à 10 jours. Respectez aussi les restrictions de chaque spécialité.

Dans les Pays de la Loire, l’usage E-Phy à rechercher est **VigneTrt Part.AerCicadelles** (voir E-Phy). Certaines spécialités de cet usage n’ont pas démontré leur efficacité contre le vecteur de la flavescence dorée. Vérifiez les restrictions de l’étiquette.

Prochaine étape

Consultez les repères de calendrier pour la vigne.