Bacillus thuringiensis : mode d’action, mode d’emploi et traitement par spécialité

Bacillus thuringiensis est une bactérie qui produit des spores et des cristaux protéiques. Avant de préparer un traitement agricole, identifiez la sous-espèce, la souche et la spécialité commerciale. L’action de la variété aizawai repose sur l’ingestion des organes végétatifs traités ; les jeunes larves sont les plus sensibles.

DIPEL DF est un Bacillus thuringiensis professionnel : c’est un granulé dispersable de souche kurstaki ABTS-351 (1 170 × 10^10 UFC/kg), de gamme d’usage « Professionnel », dont la fiche E-Phy a été mise à jour le 14 septembre 2026. BACTOSPEINE DF, BACIVERS DF et BACTURA DF sont ses seconds noms commerciaux. Vérifiez la formulation et la ligne d’usage qui correspondent à votre culture avant d’acheter.

L’efficacité de l’aizawai dépend du mode de vie du ravageur, du climat et de la méthode de traitement. Le spectre cité pour aizawai comprend Tuta absoluta, les tordeuses de la pelure et de la grappe, le carpocapse et les chenilles foreuses Heliothis.

Après ingestion d’aizawai, la paroi intestinale est atteinte, les spores pénètrent dans l’insecte et s’y multiplient ; la larve cesse de s’alimenter avant de mourir.

Bacillus thuringiensis var. kurstaki est un organisme du sol. Son cycle comprend une phase de division cellulaire puis une phase de formation de spores, qui lui permettent de survivre quand la nourriture manque ; on les rencontre dans l’eau et sur les feuilles des arbres.

Sur E-Phy, les conditions d’autorisation d’un produit figurent sur sa page ; l’icône du livre ouvert renvoie vers le registre des décisions de l’Anses. Ouvrez-la pour lire l’autorisation avant d’appliquer.

Vous pensez à Bacillus thuringiensis contre des pucerons, une cochenille ou un doryphore ? Identifiez d’abord le ravageur et son stade, puis cherchez dans E-Phy une spécialité dont la ligne d’usage vise cette culture et cette cible : le spectre d’aizawai dépend du ravageur et de son stade.

DIPEL DF a un usage « Arbres et arbustes – Chenilles phytophages » : dose maximale 0,1 kg/hL, 4 applications au plus, zone non traitée de 5 mètres en bordure des points d’eau. Cet usage est autorisé durant la floraison, en dehors de la présence des abeilles. Les protections de l’opérateur sont détaillées par tâche (mélange et chargement, application, nettoyage, travail dans la culture). Adaptez donc vos protections à chaque tâche et respectez les précautions environnementales de la fiche.

Bacillus thuringiensis et pyréthrines : une ancienne association retirée

BACTOSPEINE JARDIN associait Bacillus thuringiensis (sérotype 1, 1,2 %) et pyréthrines (2,4 %). Cette spécialité est retirée depuis le 1er novembre 1988. Pour une intervention actuelle, vérifiez l’autorisation et la ligne d’usage de la spécialité que vous envisagez dans E-Phy.

Toxicité du Bacillus thuringiensis : insectes visés et étiquetage

Le traitement au Btk n’a aucun effet sur d’autres espèces que les lépidoptères au stade larvaire. L’étiquetage de DIPEL DF indique : « Peut entraîner une réaction de sensibilisation ».

Bacillus thuringiensis contre la pyrale du buis : observer les chenilles

La lutte microbiologique contre la pyrale du buis (Cydalima perspectalis) consiste à appliquer sur le feuillage des buis infestés une substance à base de Bacillus thuringiensis kurstaki (Btk), généralement sur tout le feuillage au pulvérisateur. Ingérée par les chenilles, la bactérie attaque la paroi de l’intestin moyen ; la chenille cesse de s’alimenter et meurt de septicémie en 1 à 5 jours.

Sa persistance d’action est courte : entre 8 et 12 jours. Pour le dosage contre la pyrale du buis, appliquez la dose de la ligne d’usage de la spécialité retenue : elle varie d’un produit à l’autre.

Le traitement ne se justifie que si des chenilles sont présentes sur les buis. Avec souvent 3 générations par an, la période de calage est difficile à évaluer : une surveillance des buis s’impose, associée au suivi du vol des papillons par piégeage. Dès la fin des captures, un traitement peut être envisagé. Pour la génération du printemps, qui a passé l’hiver au stade jeune chenille, seule la présence de chenilles conduit à un traitement rapide.

La chenille a une tête noire luisante et un corps vert clair, des stries longitudinales foncées, des verrues noires et de longs poils blancs isolés. Elle recouvre le buis d’un réseau de soies et laisse sur le sol de nombreuses déjections vert foncé : cherchez ces soies et ces déjections pour confirmer la présence de chenilles.

Les jeunes chenilles hivernent dans des abris de feuilles et de soies. Faute de feuilles, elles peuvent consommer l’écorce, de la ramification fine jusqu’à la base de l’arbuste. Le buis refeuille en général la saison suivante, et la pyrale attaque fréquemment les arbres pendant cette refeuillaison. Surveillez donc les nouvelles pousses : une nouvelle attaque est possible.

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Bacillus thuringiensis sur palmier : identifier le ravageur

Bacillus thuringiensis sur un palmier : identifiez le ravageur avant de chercher l’usage de la spécialité dans E-Phy. Le papillon palmivore Paysandisia archon et le charançon rouge Rhynchophorus ferrugineus sont deux ravageurs distincts.

Les chenilles de Paysandisia provoquent des perforations des palmes, des exuvies et des galeries à la base des palmes ; de la sciure apparaît à la couronne ou le long du stipe. Ces symptômes ne doivent pas être confondus avec ceux du charançon rouge, de la teigne du bananier Opogona sacchari, de la sésamie du maïs ou d’agents de pourriture comme Gliocladium vermoeseni.

Paysandisia possède des ailes antérieures brun-vert et des ailes postérieures orangées, barrées de noir et ponctuées de blanc. Les adultes sont actifs le jour. Les œufs sont déposés dans les fibres près de la couronne ; les larves creusent des galeries et utilisent des fibres pour confectionner leur cocon.

Les larves du charançon rouge sont jaune-beige, sans pattes, avec une tête brune rigide et de fortes mandibules. Les fibres de son cocon s’enroulent en bobine ; celles du cocon de Paysandisia sont disposées longitudinalement.

Désherbant autorisé pour les communes : cadre JEVI

Il n’existe pas de désherbant autorisé pour tous les espaces d’une commune : identifiez le lieu, puis le régime applicable, puis le produit pour l’usage précis. L’article 14-3 de l’arrêté du 4 mai 2017 modifié interdit les produits phytopharmaceutiques notamment dans les cimetières, les zones à usage collectif des établissements d’enseignement, les établissements de santé, les lieux de travail (voies d’accès privées, espaces verts, zones de repos) et les équipements sportifs. Pour un terrain sportif, l’arrêté du 10 juillet 2026 fixe en plus une liste d’usages dérogatoires dans un périmètre défini ; il ne donne pas d’autorisation générale de désherber les équipements municipaux.

Restent admis dans ces lieux les produits de biocontrôle de la liste administrative, les produits qualifiés à faible risque et les produits dont l’usage est autorisé en agriculture biologique. La fiche E-Phy de DIPEL DF affiche les mentions « Utilisable en agriculture biologique » et « Liste biocontrôle ».

Terrains de sport : exception et feuille de route

Avant de compter sur l’exception, vérifiez la catégorie de votre terrain et, pour le golf, la partie d’équipement concernée. L’exception sportive vise les équipements du 12° de l’article 14-3 : terrains de football catégorisés T1 à T3, de rugby catégorisés A et B, tous les terrains de tennis sur gazon, et pour le golf les greens, départs, fairways, putting green, chipping greens et zones d’approches (catégorie 1) ainsi que les zones d’entraînement (catégorie 2). Elle ne couvre que les usages d’une liste à durée limitée, pour les compétitions officielles.

Sur gazons de graminées, six usages bénéficient de l’exception de l’arrêté du 10 juillet 2026 : désherbage, champignons pythiacées et dollar spot, auxquels s’ajoutent le groupe fusarioses/helminthosporioses/pyraculariose, les maladies du feuillage et les ravageurs du sol.

L’arrêté s’applique pour 24 mois à compter du lendemain de sa publication ; cette durée peut être prorogée si aucune solution technique alternative n’est identifiée.

Les propriétaires ou gestionnaires des terrains bénéficiant de la dérogation devaient élaborer, au plus tard le 31 juillet 2026, une feuille de route et s’engager à la mettre en œuvre. Elle définit une trajectoire avec des échéances et des objectifs chiffrés pour généraliser l’arrêt des produits concernés, à l’exception des produits de biocontrôle, des produits à faible risque et de ceux utilisables en agriculture biologique.

L’interdiction comporte aussi des exceptions sanitaires. Elles couvrent les mesures ordonnées contre les organismes nuisibles réglementés visés et certains traitements contre un danger sanitaire grave. Ces traitements doivent reposer sur les résultats de la surveillance officielle. Le danger doit menacer la pérennité du patrimoine historique ou biologique et ne pouvoir être maîtrisé par aucun autre moyen, même non chimique.

Processionnaires et produits Solabiol : trouver la spécialité autorisée

Sur E-Phy, chaque fiche liste les usages d’un produit sous la forme culture, mode de traitement et cible, par exemple « Arbres et arbustesTrt Part.Aer.Chenilles phytophages » pour DIPEL DF. Le moteur de recherche accepte un nom, un numéro d’AMM, une fonction ou un usage. Pour une chenille processionnaire du pin ou du chêne, cherchez une spécialité autorisée sur ce végétal contre cet organisme ; pour un produit cité sous la marque Solabiol, cherchez-le par son nom commercial complet et sa formulation. L’étiquette et la fiche de données de sécurité d’un produit s’obtiennent auprès de son distributeur ou du détenteur de l’AMM : demandez-les.

Prochaine étape

Vérifiez les usages de votre spécialité dans E-Phy.