Contrôle pulvérisateur obligatoire : échéance et rapport (contrôle pulvé)

Le contrôle du pulvérisateur (« contrôle pulvé » ou contrôle des pulvérisateurs agricoles) est obligatoire en France depuis le 1er janvier 2009. Il est réalisé par un organisme agréé. Un résultat favorable est valable trois ans à partir de la rédaction du rapport. Le premier contrôle d’un appareil neuf a lieu avant le cinquième anniversaire de sa première mise en service.

Depuis l’arrêté du 3 avril 2026, les appareils de pulvérisation installés sur drones sont soumis au contrôle ; le contrôle technique du maintien de la navigabilité ou de la maintenance des drones ne relève pas de cet arrêté. Les arrêtés du 18 décembre 2008 et du 25 janvier 2023 portant sur le même objet sont abrogés.

Le contrôle concerne les appareils portés, tractés ou automoteurs, les dispositifs combinés et les installations fixes ou semi-mobiles. Il couvre vigne, verger, grandes cultures et serre. Les appareils portés à dos ou tractés par force humaine ou animale sont exclus, de même que les pulvérisateurs dont la cuve est percée de part en part ou qui sont dépourvus de pompe.

L’arrêté distingue quatre catégories de matériel : rampe, arbres et arbustes, appareil combiné, installation fixe ou semi-mobile.

Avant de prendre rendez-vous, repérez la catégorie de votre matériel et notez si la cuve est percée de part en part ou si l’appareil n’a pas de pompe : l’organisme en a besoin pour préparer l’inspection.

La périodicité de trois ans s’applique aux contrôles réalisés à partir du 1er janvier 2021 ; pour un contrôle réalisé avant le 31 décembre 2020, l’échéance de renouvellement est de cinq ans.

Si votre dernier contrôle date d’avant 2021, relisez la date de validité portée au rapport plutôt que de compter trois ans de mémoire. Notez ensuite l’échéance dans le calendrier du matériel, quelques mois avant, pour avoir le temps de trouver un créneau.

Points examinés et suites du contrôle

L’inspection compte plus de 150 points de contrôle, regroupés en trois blocs : état de conservation (corrosion), fonctionnement (fuite, vibration) et mesures (débit, pression, pertes de charge). L’annexe II de l’arrêté détaille les défauts par catégorie de matériel.

Le rapport comprend l’identification du matériel, les mesures, le diagnostic et la conclusion de l’inspection.

À la remise du rapport, relisez ces quatre parties sur place : le matériel décrit est bien le vôtre, les mesures sont renseignées, le diagnostic et la conclusion sont clairs. Une erreur se corrige plus facilement avant le départ de l’inspecteur.

L’identité technique comprend notamment la cuve, la largeur de travail, la régulation et les buses contrôlées.

Le rapport reprend aussi l’identité du propriétaire : nom, adresse, numéro SIREN le cas échéant, code d’activité et mode d’utilisation du matériel. Il précise la date, les heures de début et de fin, le lieu et la nature de l’inspection. L’inspecteur et le propriétaire, ou son représentant clairement désigné, signent le document. La liste des points d’inspection est remise au propriétaire en annexe.

Le rapport indique si un examen impossible vient de la conception de l’appareil (mention 1) ou d’un défaut de maintenance (mention 2).

Si un examen a été impossible, repérez dans le rapport la mention 1 ou 2 : dans le premier cas le problème tient à l’appareil, dans le second à son entretien, et ce n’est pas la même réparation à prévoir.

Trois conclusions sont possibles. « Pulvérisateur en bon état » : seuls des défauts mineurs sont relevés, sans obligation de réparation. « Nécessité d’une contre-visite » : des défauts majeurs sont relevés, avec obligation de réparation et de nouvelle inspection au plus tard à quatre mois. « Nécessité d’un contrôle complet » : des défauts majeurs à contrôle complet sont relevés, avec obligation de réparation et nouveau contrôle complet.

Un état empêchant le déroulement de l’inspection ou mettant l’inspecteur en danger peut entraîner son interruption et un nouveau contrôle complet. La contre-visite porte sur les points identifiés comme défaillants.

Le délai maximal de contre-visite est de quatre mois ; au-delà, un contrôle complet doit être réalisé. Le pulvérisateur déclaré défaillant ne doit pas être utilisé jusqu’à la constatation de sa conformité par l’organisme d’inspection.

Si l’utilisation d’un pulvérisateur non conforme est constatée, l’utilisateur dispose de quatre mois à compter de ce constat pour prouver la remise en conformité ; passé ce délai, son Certiphyto peut être suspendu pendant six mois au maximum.

Aucun contrôle n’est exigé lors de la revente d’un matériel d’occasion ; si l’appareil n’est pas à jour de contrôle technique, l’acquéreur devra mettre le contrôle à jour.

Le propriétaire conserve le rapport d’inspection pendant la durée de validité du contrôle. Gardez le rapport complet, avec sa liste de points, dans un endroit où vous le retrouverez vite, par exemple avec les papiers du pulvérisateur.

Si vous achetez un appareil d’occasion, demandez au vendeur les rapports précédents et regardez la date du dernier contrôle : s’il n’est plus à jour, il faudra le refaire.

Lire le rapport détaillé

Le rapport indique la réalisation ou non d’une pré-visite. En contre-visite, il précise la date du contrôle complet à l’origine de la contre-visite et la nature des inspections conduites. Vérifiez ces deux mentions si votre appareil est passé en contre-visite.

La synthèse des mesures comprend l’erreur moyenne et maximale de l’indicateur de pression, l’erreur moyenne des autres capteurs installés, l’erreur globale, les pertes de charge moyenne et maximale, l’usure moyenne du jeu de buses contrôlé et le nombre de buses usées. Regardez surtout l’usure du jeu de buses et le nombre de buses usées : c’est ce qui indique s’il faut changer les buses avant la saison.

Il décrit aussi la filtration, les équipements de nettoyage intégrés et les accessoires installés. Vérifiez que cette description correspond à ce qui est réellement monté sur votre appareil.

Contrôleur de pulvérisation : agrément et territoire

La liste officielle des organismes agréés de contrôle des pulvérisateurs est tenue par l’OTC Pulvés ; une nouvelle liste a été publiée le 10 octobre 2026. La liste du 1er octobre 2026 comptait 20 organismes agréés, 97 structures sur le terrain et 175 inspecteurs.

Les organismes sont classés selon la région de leur siège social et peuvent exercer sur l’ensemble du territoire national. Vous n’êtes donc pas obligé de choisir l’organisme de votre région : comparez ceux qui se déplacent chez vous.

Un organisme de contrôle doit présenter en permanence son agrément à jour, le diplôme de l’inspecteur qui réalise le contrôle et la liste des points de contrôle avant que l’appareil lui soit confié.

Leafwrit

Tenez votre registre de traitements au même endroit. Gratuit pour commencer.

Avant de confier l’appareil, vérifiez dans la liste de l’OTC Pulvés les coordonnées de la structure et son agrément. Demandez l’agrément à jour, le diplôme de l’inspecteur et l’accréditation COFRAC de la structure ou de l’organisme dont elle dépend. En prenant rendez-vous, décrivez précisément votre pulvérisateur (catégorie, largeur, accessoires) et, si c’est un appareil sur drone, demandez si l’organisme le prend en charge.

Le contrôle ne peut être réalisé que par un inspecteur certifié travaillant dans un organisme agréé par l’administration. L’agrément exige l’accréditation ISO 17020 du COFRAC, des inspecteurs certifiés, un matériel de mesure étalonné, une organisation assurant le suivi, la traçabilité et l’archivage des inspections, et le paiement de la redevance à l’OTC Pulvés.

À l’issue du contrôle, l’inspecteur appose un identifiant unique, distinct, lisible et indélébile s’il n’en existe pas déjà. La vignette portant la date limite de validité est apposée sur le pulvérisateur quand aucun défaut « contrôle complet » ou « contre-visite » n’est constaté.

Repartez avec le rapport complet et la vignette, et vérifiez que l’identifiant relevé sur la machine est bien celui du rapport.

Prix du contrôle technique d’un pulvérisateur agricole : comparer les prestations

Le prix du contrôle d’un pulvérisateur dépend de l’organisme : chaque adhérent du réseau CRODIP applique sa propre tarification, le réseau n’impose aucun tarif. Pour comparer deux devis, mettez face à face le prix de base pour votre configuration, les suppléments et les frais de déplacement, et demandez ce que le forfait couvre.

Au 28 octobre 2026, chez Sofimat, le prix hors taxes dépend de la configuration : 210 € pour une rampe de 17 m ou moins, 255 € pour une rampe de 18 à 24 m, 285 € à partir de 25 m, 120 € pour un pulvérisateur « brouette », 150 € pour une lance seule, 200 € pour un appareil à lance et « dosatron », 220 € pour un semoir de type Samco.

Les suppléments Sofimat sont de 30 € pour le système DPAE, 30 € pour les équipements additionnels et 60 € pour un automoteur. Le contrôle à domicile ajoute 48 € HT de déplacement et un temps de route facturé 62 € HT. Demandez si le contrôle se fait à domicile ou à l’atelier : le déplacement change nettement le total.

À la même date, chez Rouquette (Aude, Hérault, Pyrénées-Orientales), les grandes cultures coûtent à l’unité 210 € HT pour moins de 17 m, 230 € de 17 à 24 m et 290 € au-delà de 24 m ; en regroupement de quatre machines, 180 €, 200 € et 260 €. Si vous avez des voisins équipés, regroupez vos machines : l’écart entre les colonnes « 4 machines » et « unité » est de 30 € par machine pour les grandes cultures de moins de 17 m.

Suppléments, contre-visite et préparation du matériel

Le contrôle complet porte sur tout l’appareil. La contre-visite reprend les défauts concernés et les examens préliminaires prévus.

Chez Rouquette, les prestations « Pneumatique » et « Aéro » de la famille VITI & ARBO, pour la vigne et le verger, coûtent chacune 210 € HT à l’unité ou 180 € HT par machine regroupée. Les appareils de moins de trois mètres coûtent 110 € HT à l’unité ou 90 € HT en regroupement ; l’accessoire (DPAE, épampreuse) coûte 25 € HT dans les deux cas.

Le déplacement est offert chez Rouquette à partir de quatre machines ; à l’unité, il coûte 25 € HT dans l’Aude et 35 € HT dans les Pyrénées-Orientales.

La contre-visite chez Rouquette coûte 20 € HT pour un défaut, 25 € HT pour deux défauts et 30 € HT pour trois défauts ; la mention « Sur présentation facture : 0 € » figure sous la rubrique.

Rouquette demande un pulvérisateur propre, rincé et lavé, filtres compris, sans fuite, avec des pneumatiques en état et une protection de cardan complète et immobile. Quel que soit l’organisme, préparez l’appareil ainsi : nettoyez les filtres, cherchez les fuites, contrôlez les pneus et le cardan, et réparez avant le rendez-vous pour éviter une contre-visite. Avant la date, demandez aussi quels justificatifs sont attendus et comment sont facturés les défauts.

Prix des produits phytosanitaires agricoles : indice IPAMPA et calcul du coût d’un traitement de la vigne

À chaque spécialité commerciale correspond un numéro d’autorisation de mise sur le marché (AMM), qui figure sur l’emballage ; la réglementation limite l’application d’un produit aux seuls usages pour lesquels il est homologué. Pour comparer deux produits, relevez le numéro d’AMM sur l’emballage et vérifiez que l’usage visé (culture, maladie) figure bien dans l’autorisation.

Les spécialités similaires sont des produits de revente, des génériques, des produits de seconde gamme et des permis de commerce parallèle, autorisés par rapport à un « produit de référence ». Un produit de revente hérite des usages du produit de référence lors de sa première autorisation. Un générique reçoit tout ou partie de ces usages. Un produit de seconde gamme vise une autre gamme d’usages, par exemple « amateur » pour un produit de référence « professionnel ». Un permis de commerce parallèle exige que le produit importé soit identique à un produit déjà autorisé en France. Avant de choisir un produit moins cher, demandez s’il s’agit d’un générique, d’un produit de revente, de seconde gamme ou d’un permis de commerce parallèle, puis comparez ses usages à ceux du produit de référence.

L’IPAMPA suit l’évolution des prix des biens et services utilisés par les exploitants. Il est calculé à partir de l’enquête IPCI du service de la statistique du ministère de l’Agriculture pour les intrants (engrais, aliments du bétail, produits phytosanitaires, semences, dépenses vétérinaires, petit matériel).

L’IPAMPA existe pour la France et pour l’Île-de-France, en base 100 en 2020. Les valeurs vont de janvier 2005 à août 2026 ; la dernière publication date du 20 octobre 2026. Pour suivre vos prix d’intrants, comparez des indices de même périmètre (France ou Île-de-France) et de même base.

Le coût de pulvérisation d’un atomiseur autoporté se calcule à partir de la durée d’amortissement, du coût horaire de l’outil, des frais de traction, de la main-d’œuvre et de la performance en hectares par heure. Chiffrez chaque poste séparément (amortissement, outil, traction, main-d’œuvre), puis ramenez les coûts horaires à la performance de votre machine en hectares par heure.

Dans l’exemple chiffré de la fiche IFV (14,5 ha de vigne, 5 traitements par an), la surface annuelle cumulée à traiter est de 72,5 ha. Le coût horaire total est de 99,03 € pour un pulvérisateur pneumatique à 14 400 €, de 50,1 € pour un atomiseur autoporté d’occasion à 15 000 € et de 83,2 € pour un atomiseur neuf à 30 000 €. Le coût annuel est de 3 590 €, 2 271 € et 3 771 €. L’achat d’un atomiseur neuf peut être recommandé si la surface annuelle cumulée à traiter dépasse 90 ha.

Prochaine étape

Vérifiez l’étalonnage avant le chantier.