Quels cancers sont liés à l’exposition professionnelle ?
Les cancers concernés comprennent les lymphomes non hodgkiniens, le myélome multiple et le cancer de la prostate. L’exposition peut se produire par inhalation, contact cutané ou ingestion.
En 2021, l’Inserm a publié une expertise collective sur ces liens. Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé une soixantaine de pesticides estimés cancérogènes pour l’homme. Seuls les insecticides arsenicaux sont considérés comme certainement cancérogènes ; trois autres familles sont classées cancérogènes probables et 19 cancérogènes possibles. Le glyphosate, le malathion et le diazinon sont classés probablement cancérogènes (groupe 2A) ; le tétrachlorvinphos et le parathion sont classés possiblement cancérogènes (groupe 2B).
L’exposition professionnelle des parents aux pesticides pendant la période prénatale est liée, avec une présomption forte, aux tumeurs du système nerveux central de l’enfant. Les traces de pesticides présentes dans l’alimentation n’ont pas, pour le moment, été démontrées comme cause de maladies ; pour en limiter davantage l’ingestion, il est conseillé de laver les fruits et légumes et de peler ceux qui s’y prêtent.
Situations d’exposition professionnelle
L’exposition professionnelle se produit lors de la fabrication ou de l’utilisation des produits. Elle peut aussi venir du contact avec des milieux contaminés : sol, air extérieur et intérieur, poussières, surfaces. En milieu professionnel, les activités agricoles représentent les principales sources d’exposition.
Des molécules aujourd’hui interdites, parfois depuis de nombreuses années, peuvent encore conduire à une exposition du fait de leur persistance dans l’environnement (eau, sol).
Exposition professionnelle : examiner les tâches
Pour une activité dans une culture traitée, indiquez les travaux réalisés et la manière dont la consigne était transmise. Examinez aussi les expositions possibles en dehors de la pulvérisation.
Protections pendant les travaux en culture traitée
Les restrictions d’utilisation et les conditions d’emploi des autorisations et des étiquettes sont juridiquement contraignantes et s’appliquent lors de chaque utilisation. Le cas échéant, le port d’un équipement de protection individuelle est nécessaire pendant l’application ou lors de travaux dans les cultures traitées.
Pour les EPI, demandez la correspondance entre les références disponibles, l’étiquette, la FDS et la tâche. Pour les équipes qui reviennent dans la culture, vérifiez comment les consignes d’accès et de protection leur sont communiquées.
Incident : appeler les secours et indiquer le lieu
Situation mettant la vie en danger : appel immédiat au 112. Exposition soudaine ou intoxication : Centre Antipoisons, 8002-5500 depuis le Luxembourg. Le Centre Antipoisons est joignable 24 h/24 et 7 j/7 ; ses médecins et pharmaciens fournissent un avis spécialisé et orientent, si nécessaire, vers d’autres services d’aide (urgences, hôpital, médecin traitant).
Pour une pollution de l’eau nécessitant une intervention rapide, l’Administration de la gestion de l’eau renvoie aussi au 112.
Le 112 reçoit les demandes d’interventions urgentes, notamment pour les intoxications, incendies et pollutions. L’appel est gratuit et accessible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 ; la Police grand-ducale se joint au 113. L’opérateur demande le nom de l’appelant, le lieu précis de l’incident, essentiel pour l’arrivée rapide des secours, et ce qui s’est passé. La consigne est de rester à l’appareil et de suivre attentivement les consignes jusqu’à ce que l’opérateur ait raccroché, puis de retourner vers la victime, d’appliquer si possible les gestes de premier secours et d’organiser le guidage des secours sur les lieux.
Pour toute intoxication par un produit chimique, il est recommandé de contacter sans délai le Centre Antipoisons et de lui communiquer l’étiquette du produit ou son code UFI. Ce code unique figure sur l’étiquette des mélanges chimiques dangereux et permet au Centre d’identifier immédiatement le produit. Préparez ces renseignements s’ils sont disponibles et transmettez-les selon les instructions du spécialiste.
Pour signaler une pollution de l’eau précisez le lieu, le moment, la substance et la quantité. Le CGDIS décide de mobiliser d’autres autorités spécialisées. Une pollution peut toucher les eaux de surface (rivières, ruisseaux, eaux pluviales) comme les eaux souterraines ; les pesticides figurent parmi les produits solubles non biodégradables, avec les métaux lourds et les cyanures.
H304 : quel pictogramme accompagne cette mention ?
H304 est une mention de danger liée au danger par aspiration. Elle est associée au pictogramme GHS 08 et à la mention d’avertissement « Danger ». Son libellé est : « Peut être mortel en cas d’ingestion et de pénétration dans les voies respiratoires ». Retrouvez ces éléments sur l’étiquette du produit concerné et transmettez-la avec sa FDS aux intervenants.
Fiche de données de sécurité : transmettre les rubriques du produit concerné
Dans la fiche de données de sécurité (FDS) conforme au règlement 2020/878, l’identification et le numéro d’urgence figurent en rubrique 1, les premiers secours en rubrique 4 et les mesures en cas de dispersion accidentelle en rubrique 6. Préparez la FDS du produit concerné pour la transmettre aux intervenants.
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| Rubrique de la FDS | Renseignement que les intervenants peuvent y rechercher |
|---|---|
| 4 — Premiers secours | Description de l’aide initiale et nécessité d’assistance médicale. |
| 5 — Incendie | Moyens d’extinction, dangers de combustion et protection des intervenants. |
| 6.1 — Précautions individuelles | Distinction entre personnel hors services d’urgence et personnel d’intervention. |
| 6.2 — Environnement | Précautions relatives aux égouts, eaux superficielles et souterraines. |
| 6.3 — Confinement et nettoyage | Méthodes et équipements adaptés, ainsi que techniques à éviter. |
| 6.4 — Renvois | Éventuelles références aux rubriques de protection et de déchets. |
Dans la rubrique 6, recherchez les mesures correspondant au volume déversé : elles diffèrent selon le volume. Repérez aussi les techniques de confinement et de nettoyage expressément déconseillées.
En rubrique 4, repérez la nécessité d’une assistance médicale et son degré d’urgence. En rubrique 5, relevez les moyens d’extinction appropriés ou inappropriés, les produits dangereux de combustion et les équipements particuliers des intervenants, puis transmettez-les.
La rubrique 4 présente les premiers secours par voie d’exposition : inhalation, contact cutané, contact oculaire et ingestion. Pour chaque voie, elle décrit les principaux symptômes et effets, aigus ou retardés, ainsi que les soins immédiats et traitements particuliers nécessaires. Elle recommande aussi l’équipement de protection individuelle pour les personnes qui dispensent les premiers secours : protégez-vous selon ces indications avant d’intervenir. Communiquez aux secours ou au Centre Antipoisons les rubriques du produit exact, et remettez au professionnel de santé les indications de soins immédiats avec le document complet du fournisseur.
La rubrique 11 porte notamment sur la cancérogénicité, la mutagénicité sur les cellules germinales et la toxicité pour la reproduction.
Rentrée des équipes et délai avant récolte
Avant de faire entrer l’équipe, vérifiez le délai de rentrée en parcelle traitée et les EPI de l’usage appliqué, puis transmettez la date et l’heure d’accès au chef d’équipe.
L’étiquette d’un produit phytopharmaceutique indique, le cas échéant, l’intervalle de sécurité de chaque usage entre la dernière application et l’accès des personnes ou des animaux, puis la récolte.
Le délai avant récolte et l’intervalle avant l’accès des personnes sont donc deux indications distinctes : vérifiez-les séparément.
La rubrique 8 de la FDS traite des contrôles de l’exposition et des mesures de protection individuelle : protection des yeux et du visage, de la peau et des voies respiratoires, dangers thermiques. Pour les gants, elle prévoit le matériau, l’épaisseur et le temps de pénétration. Pour la respiration, elle distingue gaz, vapeurs, brouillards et poussières, avec un dispositif filtrant à cartouche ou filtre, un masque à particules ou un appareil respiratoire autonome selon l’exposition. Relevez ces informations en rubrique 8 et choisissez les équipements correspondant à la tâche et aux conditions d’emploi du produit.
Les protections individuelles s’appliquent avec les autres mesures de maîtrise de l’exposition : contrôles techniques, ventilation et isolement.
Dérive et assurance : signaler et documenter le dommage
Pour un dommage que vous soupçonnez lié à une dérive, prévenez votre assureur et préparez un dossier de faits. N’attendez pas de disposer d’un dossier parfait pour signaler l’événement.
Le contrat d’assurance impose des obligations après un sinistre. L’assuré doit donner avis du sinistre à l’assureur dès que possible et, en tout cas, dans le délai fixé par le contrat (article 26 de la loi sur le contrat d’assurance). L’assureur ne peut pas invoquer le dépassement de ce délai si l’avis a été donné aussi rapidement que cela pouvait raisonnablement se faire.
L’assuré fournit sans retard à l’assureur tous renseignements utiles et répond à ses demandes pour déterminer les circonstances et l’étendue du sinistre (article 26). Il prend toutes mesures raisonnables pour prévenir et atténuer les conséquences du sinistre (article 27).
Pour les assurances de choses, l’assuré ne peut pas, de sa propre autorité et sans nécessité, modifier le bien sinistré d’une manière qui rende impossible ou plus difficile la détermination des causes du sinistre ou l’estimation du dommage (article 68).
Reconstituer les situations d’exposition
Dans l’historique professionnel, distinguez fabrication, préparation et utilisation des produits. Relevez aussi les contacts avec les sols contaminés, les poussières, les surfaces et l’air intérieur ou extérieur : la persistance de contaminations anciennes peut entretenir une exposition après l’arrêt d’un usage.
Pour le suivi avec le médecin du travail, associez à chaque période les produits manipulés et les tâches réalisées. Joignez les références commerciales et les FDS conservées pour retrouver les informations toxicologiques du mélange concerné. Notez la voie d’exposition : inhalation, projections sur la peau et ingestion sont des voies différentes.
Dans la rubrique 11 de la FDS, recherchez la cancérogénicité, la mutagénicité sur les cellules germinales et la toxicité pour la reproduction, et conservez les résultats toxicologiques avec leurs voies d’exposition.
Prochaine étape
Pour une urgence, utilisez les consignes du 112. Pour préparer les protections au travail, ouvrez le guide de lecture de la FDS avec les documents du produit concerné.