Surveillez donc les pousses indicatrices, consultez VitiMeteo avec l’historique de la parcelle et comparez les modèles IVV aux observations de vos ceps.

Oïdium de la vigne : reconnaître les organes atteints

Le réseau blanchâtre visible sur les organes correspond au mycélium. Les conidies sont les spores qui participent à sa propagation. Le vent les transporte et les dépose sur les tissus verts. Le mycélium conservé dans un bourgeon peut aussi contaminer la pousse dès son développement.

La face inférieure des feuilles est généralement atteinte en premier. Des taches argentées et brillantes précèdent le dépôt farineux. Le dessus peut s’éclaircir et évoquer des taches d’huile.

Après la floraison, les jeunes baies sont très sensibles à l’oïdium (BBCH 61 à 73). L’atteinte de l’épiderme fait éclater la peau des baies, et leur sensibilité persiste jusqu’au début de la maturation.

Rosée, pluie et indice VitiMeteo Oïdium

Des nuits fraîches, des journées chaudes et une humidité de l’air élevée favorisent l’oïdium. La rosée favorise la germination des spores, tandis que la chaleur diurne accélère le développement du mycélium. Des périodes pluvieuses accompagnées de longues phases humides peuvent inhiber le champignon.

VitiMeteo Oïdium calcule le risque actuel à partir de données météo locales et présente aussi une prévision des jours suivants. Le calcul prend en compte le stade de développement, la température, l’humidité relative et les précipitations. L’indice combine ces facteurs avec la sensibilité du végétal. Le modèle détermine la date du premier traitement en tenant compte de l’infestation de l’année précédente.

Les données et prévisions sont disponibles pour six stations le long de la Moselle (Remerschen, Remich, Stadtbredimus, Nittel, Wormeldange, Grevenmacher), avec trois modèles : mildiou, oïdium et pourriture noire. Choisissez la station de votre secteur, puis le modèle oïdium.

Le champignon se développe de façon optimale entre 20 et 27 °C. Dans des conditions favorables, la production de nouvelles conidies peut survenir six jours après l’infection. Les spores peuvent germer en cinq heures dès 5 °C et au-dessus de 40 % d’humidité relative.

Dans les parcelles déjà touchées, des pousses et feuilles peuvent être infectées dès le débourrement.

Traitement naturel de l’oïdium : soufre, bicarbonate et protection intégrée

Les produits de contact comme le soufre mouillable et le Vitisan préviennent efficacement le risque de résistance aux stades moins sensibles de la vigne. Les produits à base de bicarbonate de soude permettent des pulvérisations intermédiaires efficaces, par exemple en cas d’infestation visible, sans augmenter le risque de résistance.

La protection intégrée combine des méthodes culturales, biologiques, biotechnologiques et, en dernier recours, chimiques. Elle préserve les acariens prédateurs par des séquences de pulvérisation adaptées.

Les traitements curatifs sur des grappes déjà oïdiées sont inefficaces.

Avant tout traitement naturel, vérifiez l’usage du produit dans le registre luxembourgeois des produits phytopharmaceutiques autorisés.

Vigueur et protection préventive

La vigueur se maîtrise par un porte-greffe peu vigoureux, une fertilisation azotée limitée et l’enherbement ; les densités de plantation trop importantes sont à éviter.

L’ébourgeonnage, le rognage et l’effeuillage au niveau des grappes améliorent le microclimat et permettent aux fongicides de bien protéger les grappes.

Soufre pour traiter la vigne : mouillable ou poudrage

Le soufre mouillable est un produit de contact utilisé contre l’oïdium. Avant d’acheter ou d’appliquer, identifiez la formulation dans TAPES : le produit à préparer dans l’eau et le produit de poudrage à sec ne s’emploient pas de la même façon. Sur le sac ou le bidon, relevez le nom commercial, le numéro d’autorisation et la forme de préparation.

Dans la liste TAPES des produits à usage professionnel, le soufre pour la vigne figure sous deux formes. Les granulés à disperser dans l’eau (WG), à 800 g/kg de soufre, correspondent à Kumulus WG, Biosoon 80 WG, Microthiol Spécial Disperss et Thiovit Gold (qui a pour ancien nom Microthiol Spécial Disperss). La poudre (DP), à 991,8 g/kg de soufre, correspond à Fluidosoufre, destiné au poudrage à sec.

Aucun « soufre liquide fongicide » n’y figure : au 29.10.2026, toutes les lignes de soufre de la liste sont des WG ou des DP. Si l’on vous propose un « soufre liquide fongicide », cherchez sa formulation exacte dans TAPES avant de l’utiliser.

Le poudrage de soufre en poudre pour la vigne se fait autour de la floraison, dans les zones à risque d’oïdium : 30 à 40 kg de soufre en poudre par hectare, par forte intensité lumineuse (temps clair, ciel sans nuages). Le soufre sec ne se saupoudre que sur feuillage sec. Il affecte les acariens prédateurs : à réserver aux situations exceptionnelles.

Leafwrit

Tenez votre registre de traitements au même endroit. Gratuit pour commencer.

Contre une infestation visible, on lave les grappes avec 800 à 1 000 l/ha d’eau en combinant soufre mouillable et bicarbonate de soude. Le traitement est à répéter si nécessaire.

Dose, étiquette et référence de surface

À partir du nom commercial, ouvrez l’usage vigne dans TAPES, vérifiez l’organisme visé et comparez les conditions de l’autorisation à l’étiquette du produit. Sur la fiche de préparation, notez séparément la quantité nette de l’emballage, la concentration en soufre et la dose de l’usage, chacune avec son unité. Avant une application sur un cépage sensible, relisez les précautions de phytotoxicité de l’étiquette, ainsi que les restrictions liées aux interventions précédentes et suivantes.

Les restrictions d’utilisation et les conditions d’emploi définies dans l’autorisation et indiquées sur l’étiquette sont juridiquement contraignantes. L’étiquette doit mentionner la phytotoxicité possible, la sensibilité variétale et les autres effets secondaires défavorables pour les plantes.

Trois modèles de dosage sont utilisés au Luxembourg ; celui d’un produit dépend du pays d’où provient la demande d’autorisation. Repérez dans la notice le modèle et l’unité de dosage du produit, puis calculez la quantité à préparer avec ce modèle. Pour comparer deux vignobles, tenez compte de l’écartement des rangs et du mode de conduite.

Dosage par hectare de surface : c’est une dose maximale par hectare de vigne, qui peut être inférieure mais pas dépassée, indépendamment du stade de développement, de la densité de plantation ou du système de conduite.

Dosage selon le développement : une dose de base en kg ou en l/ha est multipliée par le facteur du stade BBCH de la vigne. Ce modèle vise surtout les vignobles en espalier à rangs de 2 m, alors que les écartements réels varient de 1,60 m à 2,20 m, et jusqu’à 6 m en terrasses transversales.

Dosage selon la surface foliaire : la quantité s’exprime en kg ou en l pour 10 000 m² de surface foliaire. La surface à traiter se calcule ainsi : S = 2 × (hauteur de la haie foliaire / largeur des rangs) × surface de base. Avec des rangs de 2 m et un feuillage de 1,8 m, une dose de 0,4 kg/ha de surface foliaire donne 0,72 kg par hectare de surface de base.

Traiter la vigne au printemps : positionner la protection avant la floraison

Au printemps, le premier traitement de la vigne se règle sur le stade de la pousse, pas sur une date du calendrier.

Les vignobles touchés l’année précédente se traitent à partir du stade 3 feuilles ; les vignobles non infestés, à partir du stade 5 feuilles. La période la plus sensible s’étend du début de la floraison au début de la nouaison. Les attaques tardives, apparues dans la seconde moitié de juillet, viennent d’une protection insuffisante entre les stades « inflorescence déployée » et « grain de plomb ». Dès que la pousse porte deux ou trois feuilles, ou une surface foliaire de 320 à 400 cm², il faut traiter immédiatement. Pour les premiers traitements, jusqu’à l’avant-dernière pulvérisation avant la floraison, le soufre mouillable suffit. À la dernière pulvérisation avant la floraison, seuls des produits très efficaces sont à employer, sur chaque rang.

Face au risque de résistance, le changement de groupe de substances actives prend de plus en plus d’importance. Les strobilurines sont exclues pendant la floraison : elles s’utilisent jusqu’au stade BBCH 55 (les inflorescences grossissent) ou à partir de BBCH 75 (taille d’un petit pois), de préférence mélangées avec 4,0 kg/ha de soufre mouillable. Les périodes moins sensibles permettent d’utiliser des produits de contact.

À la fermeture de la grappe, les triazoles, les strobilurines et les produits à base de bicarbonate de soude peuvent être utilisés ; un agent mouillant s’ajoute avec Vitisan. Au début de la maturation, la pulvérisation finale passe dans chaque rang, avec des triazoles ou du bicarbonate de soude. Le bicarbonate de soude, sans délai d’attente, convient aux dernières pulvérisations de la saison.

Adapter les buses au feuillage à protéger

Les pulvérisateurs doivent être réglés et contrôlés chaque année au début de la saison, et les tamis et filtres des buses nettoyés régulièrement. Le réglage du guidage d’air dépend du type de ventilateur (axial, radial ou tangentiel). Le contrôle ASTA comprend une image de pulvérisation enregistrée numériquement pour corriger le guidage d’air.

Les buses sont orientées selon la hauteur actuelle du feuillage, pour une répartition verticale aussi uniforme que possible, dans la plage de pression recommandée par le fabricant. Les buses à injection ou anti-dérive, à gouttelettes grossières, limitent la dérive vers les surfaces non cultivées et les cours d’eau.

Au début de la végétation, on travaille sans soufflerie ou avec une vitesse de rotation nettement réduite. Après la floraison, on passe dans chaque rang ou on alterne régulièrement les voies de passage. La quantité de liquide pulvérisé est toujours adaptée au stade de développement de la vigne.

Prochaine étape

Comparez les prévisions aux symptômes de la parcelle. VitiMeteo Oïdium donne un indice de risque de 0 à 100 % pour le jour même et les 5 jours suivants : prévisions IVV. Vérifiez ensuite la formulation, la dose et les précautions dans l’usage vigne dans TAPES.