# Produits phytosanitaires : comprendre les familles et les limites d’utilisation

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Reviewed: 2026-10-29

Les **produits phytosanitaires**, appelés produits phytopharmaceutiques dans les textes officiels, servent à protéger les plantes et les produits récoltés contre les ravageurs et les maladies, ou à lutter contre les mauvaises herbes. Un produit phytosanitaire agricole, « produit phyto agricole » ou « produits phytos » dans le langage courant, contient ou se compose de substances actives, de phytoprotecteurs ou de synergistes, sous la forme dans laquelle il est livré à l’utilisateur. La substance active est le composant qui exerce une action générale ou spécifique contre les organismes nuisibles ; un traitement phytosanitaire est l’application d’un tel produit.

Pour préparer un traitement, partez de la culture et du problème observé, puis identifiez le produit commercial et son usage autorisé. Le [portail ASTA](https://agriculture.public.lu/fr/pflanzen-boeden/pflanzenschutz-gesundheit/zulassung-und-anwendung-psm.html) donne accès au registre des produits autorisés au Luxembourg. Le ministre ayant l’agriculture et la viticulture dans ses attributions autorise les produits ; seuls ceux du registre national peuvent être mis sur le marché et utilisés. La loi relative aux produits phytopharmaceutiques transpose la directive 2009/128/CE. Le plan d’action national de réduction des produits phytopharmaceutiques, adopté en décembre 2017, vise une baisse de 50 % de l’utilisation d’ici 2030 et prévoit 25 mesures spécifiques. Le Service de la protection des végétaux informe des changements d’autorisation par une newsletter ; l’abonnement se fait par un message à ppp@asta.etat.lu.

## Composition du produit commercial

Un produit commercial peut associer plusieurs substances actives et des coformulants, c’est-à-dire des substances qui ne sont ni substances actives, ni phytoprotecteurs, ni synergistes. Les micro-organismes peuvent aussi être des substances actives. Seules les substances actives approuvées dans l’Union européenne peuvent entrer dans la composition de ces produits.

Les auxiliaires des cultures ne sont pas des produits phytopharmaceutiques : ils ne nécessitent pas d’autorisation de mise sur le marché au Luxembourg, mais leur importation et leur lâcher peuvent exiger l’accord préalable du ministre de l’Environnement.

## Que recouvre le mot phytopharmaceutique ?

Les régulateurs de croissance, les produits influençant la maturation et les inhibiteurs de germination sont également des produits phytopharmaceutiques. Les produits phytopharmaceutiques servent à protéger les végétaux, à conserver les produits végétaux ou à maîtriser une croissance végétale indésirable.

## Type d’action sur l’étiquette : insecticide, fongicide, herbicide (produits désherbants)

L’étiquette mentionne le type d’action du produit (insecticide, régulateur de croissance, herbicide, fongicide) et son mode d’action, ainsi que le type de préparation, par exemple poudre mouillable ou concentré émulsionnable. Les produits désherbants sont les herbicides : cherchez ce mot dans le type d’action. Relevez ces deux indications séparément : l’une dit ce que le produit fait, l’autre sous quelle forme il se présente.

## Termes de formulation : phytoprotecteurs, synergistes, coformulants, adjuvants

Les phytoprotecteurs réduisent certains effets phytotoxiques ; les synergistes renforcent l’activité des substances actives. Les coformulants sont les autres composants du produit ou de l’adjuvant. Les adjuvants sont destinés à être mélangés avec un produit par l’utilisateur pour en améliorer l’efficacité ou d’autres propriétés pesticides.

## Pesticide et biocide : pourquoi le contexte change la recherche

Le mot pesticide est plus large que produit phytopharmaceutique. Les produits pesticides incluent aussi les biocides, tels que les désinfectants ou certaines peintures anti-moisissures, soumis à une réglementation différente.

## Substance approuvée et produit autorisé au Luxembourg

La base européenne des pesticides propose des recherches sur les substances actives, les résidus, les limites maximales et les autorisations d’urgence. Un produit ne peut être commercialisé et utilisé que s’il est autorisé dans l’État membre concerné (article 28 du règlement 1107/2009).

Le produit s’utilise selon les conditions de l’autorisation, précisées sur l’étiquette (article 55). Les restrictions d’utilisation et les conditions d’emploi définies dans les autorisations sont contraignantes. Avant un chantier, gardez ces conditions avec la référence exacte du produit, et vérifiez l’usage dans le registre national luxembourgeois, même pour un produit acheté à l’étranger.

Les produits sont autorisés soit pour l’usage professionnel, soit pour l’usage non professionnel, et les demandes d’autorisation vont au Service de la protection des végétaux. Depuis le 1er janvier 2021, l’usage professionnel est réservé aux titulaires du certificat Sprëtzpass ; un particulier qui emploie un produit non professionnel dans le cadre privé n’en a pas besoin. Les utilisateurs professionnels tiennent un registre de chaque application, qui devient électronique à partir du 1er janvier 2027.

## Protection intégrée : surveiller, prévenir, puis traiter

La prévention des organismes nuisibles passe notamment par la rotation des cultures, des méthodes de culture adaptées, des variétés résistantes ou tolérantes, des semences certifiées, une fertilisation et une irrigation équilibrées, l’hygiène et la protection des organismes utiles. Sur la base des résultats de la surveillance, l’utilisateur professionnel décide si et quand il applique une mesure ; les méthodes biologiques, physiques et autres méthodes non chimiques sont préférées aux méthodes chimiques lorsqu’elles donnent un résultat satisfaisant. Les produits employés doivent être aussi spécifiques de la cible que possible et avoir le moins d’effets secondaires ; l’utilisateur limite leur emploi au nécessaire, puis contrôle le succès des mesures à partir de ses enregistrements d’applications et de surveillance. Commencez donc par examiner la conduite de la culture, puis évaluez ces leviers avant de choisir un produit.

Exemple, le mildiou de la tomate : avant tout traitement fongicide, les moyens préventifs sont une variété résistante ou peu sensible, la destruction des repousses, l’élimination des résidus de cultures malades, l’arrosage au pied, le paillage et, sous abri, l’aération pour réduire l’humidité.

## Dose, quantité de produit et résidu : ce que l’étiquette indique

L’étiquette distingue la concentration de chaque substance active et les instructions d’utilisation. Ces données ont des rôles différents : lorsque vous relevez une valeur, notez avec elle son unité et son libellé, car la concentration inscrite sur le conditionnement n’est pas une dose d’application. La concentration s’exprime en % p/p et g/l pour les autres liquides et les gels, en % v/v et % p/p pour les gaz. Les instructions comprennent la dose maximale par hectare et par application et le nombre maximal d’applications par an.

L’étiquette précise aussi les intervalles à respecter avant le semis ou la plantation des cultures suivantes, avant l’accès des personnes ou des animaux, avant la récolte et avant l’utilisation ou la consommation, ainsi que les catégories d’utilisateurs lorsque l’usage est limité. Elle porte en outre la quantité nette, le numéro de lot et la date de production. Lisez aussi les premiers secours et les conditions de stockage.

Une limite maximale de résidus est la teneur maximale légalement tolérée dans ou sur des denrées alimentaires ou des aliments pour animaux. Ne recopiez donc pas une LMR dans une consigne de dosage au champ : elle ne dit pas combien de produit appliquer. La base européenne permet de chercher, pour un aliment donné, les limites applicables à chaque résidu de pesticide.

## Espaces publics, surfaces imperméables et zones protégées

Au Luxembourg, l’utilisation de **produits phytopharmaceutiques dans les espaces publics** est interdite. L’interdiction vise aussi les surfaces imperméables reliées à un réseau public de collecte des eaux pluviales. Pour toute question au service compétent, préparez un plan, des photographies de la surface et le circuit des eaux.

Des restrictions ou obligations supplémentaires peuvent s’appliquer dans les [zones de protection](/lu-fr/eau-prelevement-protection-parcelle/) de l’eau potable, et des restrictions d’utilisation existent dans certaines zones de protection de la nature. Les textes déclarant ces zones les définissent ; le Géoportail renseigne sur leur localisation et renvoie à ces textes. Localisez la parcelle sur le Géoportail et retrouvez le texte propre à sa zone.

## Pulvérisation par drone : deux décisions à vérifier

La pulvérisation aérienne de pesticides est **interdite** ; une dérogation est possible sous les conditions de l’article 9 de la directive 2009/128/CE. Le produit doit notamment être expressément approuvé pour cette technique après une évaluation spécifique des risques. Vérifiez ce volet avec l’ASTA avant de commander le traitement.

Une opération de pulvérisation par drone relève de la catégorie **SPÉCIFIQUE**. L’opérateur doit obtenir une autorisation opérationnelle fondée sur l’évaluation des risques de l’opération envisagée. Procédure : [FAQ DAC](https://dac.gouvernement.lu/fr/drones/drones-faq.html) et [démarche Guichet.lu](https://guichet.public.lu/fr/entreprises/sectoriel/aviation/systeme-aeronef-sans-pilote/demande-autorisation-operationnelle-categorie-specific.html).

La dérogation doit prévoir des mesures de gestion des risques et de protection de l’environnement ; relevez donc les habitations et les zones ouvertes au public à proximité. La décision phytopharmaceutique et l’autorisation opérationnelle portent sur des conditions distinctes : réunissez les deux réponses pour le projet décrit.

## Dossier UAS : opération, matériel et limites

L’exploitant s’enregistre au préalable comme exploitant d’UAS et présente son numéro d’enregistrement. Il fournit l’évaluation des risques opérationnels et les mesures d’atténuation : une analyse SORA, ou un PDRA, version simplifiée pour certains types d’opérations prédéfinies. Le dossier comprend les formulaires DAC-UAS401, DAC-UAS402 et DAC-UAS403. La taxe de délivrance de l’autorisation est de 12 euros et la redevance de dépôt de dossier de 130 euros (page Guichet.lu modifiée le 8 octobre 2026).

Le formulaire UAS401 existe en deux variantes, SORA 2.0 et SORA 2.5 : choisissez celle qui correspond à votre analyse des risques. La version SORA 2.0 porte la mention **V2 – MAY2022** ; les annexes UAS402 et UAS403 portent **V1 – DEC2020**.

Le formulaire UAS401 comporte des rubriques sur l’exploitant (numéro d’enregistrement, nom, responsable, contact), sur l’opération (dates de début et de fin prévues, lieux, référence de l’analyse de risques avec la version SORA ou le numéro PDRA, niveau SAIL, type d’opération VLOS ou BVLOS), sur l’aéronef (fabricant, modèle, masse au décollage, vitesse maximale) et une déclaration de conformité. Il renvoie au manuel opérationnel et au dossier de preuves de conformité par leur référence.

L’annexe UAS402 décrit la propulsion, le système de contrôle et de positionnement, le contrôleur de vol, les modes de vol, la station de contrôle au sol, la charge utile et les systèmes de sécurité. Pour la charge utile, elle fait décrire les configurations qui influent sur la mission, avec la masse, l’équilibrage, la charge électrique ou la dynamique de vol. Les limites d’utilisation comprennent la hauteur maximale, la vitesse maximale et les conditions météorologiques.

## Images et données personnelles

Le formulaire UAS403 demande d’identifier les risques pour la vie privée, de définir le rôle de responsable ou de sous-traitant du traitement de données, et d’indiquer si une analyse d’impact (DPIA) a été évaluée, nécessaire ou réalisée. Il demande aussi les mesures d’information des personnes, de minimisation des données, la procédure de stockage et de limitation d’accès, et les mesures permettant l’exercice des droits d’accès, de rectification, d’opposition et d’effacement.

## Géozones et durée de l’autorisation

Les zones géographiques fournies à la télécommande par les fabricants de drones ne couvrent pas nécessairement les zones restreintes du territoire luxembourgeois ; la DAC indique les géozones officielles, à consulter avant de planifier le vol.

La durée de validité de l’autorisation opérationnelle est définie lors de son émission. L’exploitant soumet une demande d’autorisation actualisée si des changements importants sont apportés à l’exploitation ou aux mesures d’atténuation énumérées dans l’autorisation.

## Registre et démarche en ligne

Avant tout traitement, vérifiez la culture, la cible et les conditions du produit dans le [registre luxembourgeois](/lu-fr/produits-phytopharmaceutiques-autorises-tapes/). Pour une pulvérisation par drone, transmettez aussi le descriptif du projet à l’[ASTA](https://agriculture.public.lu/fr/pflanzen-boeden/pflanzenschutz-gesundheit/zulassung-und-anwendung-psm.html). La demande d’autorisation opérationnelle pour un drone se dépose via la [démarche DAC sur Guichet.lu](https://guichet.public.lu/fr/entreprises/sectoriel/aviation/systeme-aeronef-sans-pilote/demande-autorisation-operationnelle-categorie-specific.html).


