# Traitement de l’oïdium de la tomate et du mildiou : protection intégrée

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Reviewed: 2026-10-29

En cas de suspicion de mildiou sur tomate, faites confirmer rapidement le diagnostic et limitez le mouillage du feuillage. Phytophthora infestans, l’agent du mildiou de la tomate, se développe pendant les périodes humides prolongées. Le produit retenu doit avoir un usage autorisé au Luxembourg, à vérifier dans le [registre officiel accessible depuis l’ASTA](https://agriculture.public.lu/fr/pflanzen-boeden/pflanzenschutz-gesundheit/zulassung-und-anwendung-psm.html).

## Mildiou de la tomate : humidité et extension

Le mildiou aérien se développe par temps clément, pendant des périodes prolongées d’humidité : les pluies, les irrigations par aspersion, les brouillards et la rosée. La culture de plein champ est particulièrement concernée. Sous abri, une attaque reste possible lorsque le climat est mal maîtrisé.

Le mildiou s’étend très rapidement. Intervenez dès les premiers symptômes avec un fongicide anti-mildiou autorisé pour l’usage tomate au Luxembourg.

## Avant de traiter les tomates : aérer et préparer la prochaine implantation

En pépinière, aérez et évitez l’aspersion ou la brumisation. Lorsque ces irrigations sont nécessaires, intervenez assez tôt pour que les plantes sèchent avant la nuit. En serre de production, évitez la formation d’un film d’eau sur les plantes. Le chauffage contribue à réduire l’humidité ambiante.

En fin de cycle, éliminez rapidement un maximum de débris végétaux.

Pour le cycle suivant, installez la pépinière dans un emplacement ensoleillé. Contrôlez l’état sanitaire des plants à leur arrivée, éloignez les cultures déjà atteintes, assurez le drainage et équilibrez la fertilisation.

Adaptez la densité et l’orientation des rangs pour améliorer l’aération du couvert végétal. Le paillage et, dans une moindre mesure, le tuteurage contribuent également à limiter le développement de la maladie.

## Tomates résistantes au mildiou : limites du traitement naturel

Certaines variétés disposent d’une résistance partielle à Phytophthora infestans. Des souches virulentes peuvent contourner les gènes de résistance utilisés. Les variétés concernées doivent donc être employées avec les autres méthodes de protection.

Des extraits de romarin, lavande, thym et fenouil, ainsi que des micro-organismes, ont été testés contre le mildiou. Une activité observée in vitro s’est souvent révélée insuffisante pour maîtriser les épidémies au champ.

Pour les solutions biologiques à base de micro-organismes ou de substances naturelles, vérifiez aussi l’usage dans le [registre luxembourgeois des produits autorisés](/lu-fr/produits-phytopharmaceutiques-autorises-tapes/).

## Résistance aux fongicides et prévision du risque

Alternez les modes d’action pour limiter la sélection de souches résistantes. Le risque concerne particulièrement les anilides et les strobilurines. Des traitements curatifs d’efficacité limitée favorisent davantage cette sélection.

Les systèmes de prévision Hyre, Wallin et Blitecast utilisent la température, la pluie ou l’humidité. Pour votre parcelle de tomates, retenez les avertissements correspondant au secteur et à la culture.

## Oïdium de la tomate : reconnaître le feutrage

Pseudoidium neolycopersici provoque un oïdium externe. Le feutrage blanc correspond à un réseau de mycélium qui colonise superficiellement le limbe. Des conidiophores y produisent des spores. Des taches apparaissent surtout sur le dessus des folioles. Les tissus touchés jaunissent, brunissent puis se nécrosent. Dans les attaques sévères, une foliole entière peut être atteinte.

La tige peut porter des taches comparables. Les fruits ne présentent pas de symptômes de cet oïdium.

## Oïdium : contamination et dispersion des spores

Les conidies se forment sur de courts conidiophores à la surface du limbe. Ces spores sont fragiles et leur durée de vie dépend des conditions. Elles sont très légères, facilement dispersées par le vent et, accessoirement, par la pluie ou les éclaboussures d’irrigation.

Après contact avec un hôte et germination dans des conditions favorables, le champignon forme un appressorium et des structures de prélèvement appelées haustoria dans les cellules épidermiques. Ces structures alimentent la croissance du mycélium.

La forme sexuée, ou téléomorphe, n’a jamais été observée.

## Oïdium : prévention et intervention précoce

L’humidité n’agit pas sur l’oïdium comme sur le mildiou décrit plus haut. Une hygrométrie excessive peut freiner son développement, tout en favorisant d’autres champignons aériens de la tomate. Évitez donc d’augmenter l’humidité comme méthode de protection.

Une teneur élevée en azote dans les tissus foliaires peut fragiliser la tomate face à cet oïdium. Équilibrez la fumure.

En plein champ, choisissez une parcelle aérée et ensoleillée, organisez une rotation et évitez le voisinage de cultures déjà atteintes. Sous serre, prévoyez un vide sanitaire et désinfectez les surfaces avec des produits destinés à cet usage.

Plusieurs espèces sauvages de tomate possèdent des résistances génétiques à cet oïdium. Ces résistances réduisent la croissance du mycélium ou la sporulation.

Pour un traitement naturel ou un produit de biocontrôle, recherchez la formulation commerciale et l’usage tomate dans le registre national.

Intervenez au début d’une attaque localisée : une épidémie bien installée devient difficile à maîtriser. Respectez la dose autorisée et utilisez un matériel adapté à la tomate avec un volume de bouillie suffisant.

## Avant un traitement de la tomate : examiner les autres causes

Si les observations ne permettent pas de retenir le mildiou ou l’oïdium, reprenez le diagnostic. Pour une identification approfondie, le service de phytopathologie de l’ASTA réalise des analyses de détection et d’identification dans le secteur horticole, entre autres. Les analyses utilisent des méthodes microscopiques, sérologiques et de biologie moléculaire. Préparez votre demande de diagnostic avec la localisation et les observations disponibles ; demandez au service les modalités adaptées à votre cas avant tout envoi.

Sous abri, le botrytis profite d’un climat favorable, de tissus réceptifs et des blessures de taille ou d’ébourgeonnage. Sa capacité d’adaptation aux fongicides complique aussi la maîtrise de la maladie.

Les piqûres alimentaires des aleurodes peuvent ralentir le développement des tomates. Le miellat produit favorise l’installation de fumagine, qui salit notamment les fruits. Examinez la face inférieure des folioles pour repérer les différents stades de développement.

Contrôlez l’état sanitaire des plants, éliminez les adventices et protégez les ouvertures. Utilisez des panneaux jaunes englués pour la détection et des auxiliaires pour la maîtrise des populations. Le choix d’une protection chimique doit aussi tenir compte des auxiliaires employés. Vérifiez l’usage luxembourgeois de chaque produit dans TAPES.

Les brûlures solaires sont des lésions non parasitaires, présentes en plein champ comme sous abri. Les lésions peuvent devenir blanchâtres, déprimées et sèches. Un feuillage clairsemé, un effeuillage excessif ou un ombrage insuffisant figurent parmi les situations favorisant l’exposition des fruits.

Des champignons opportunistes peuvent coloniser ces lésions. Pour distinguer une brûlure solaire d’une maladie parasitaire, examinez la lésion initiale avant sa colonisation par une moisissure. Dans votre historique, distinguez l’aspect initial de l’évolution constatée lors de la visite suivante.

## Traitement à la bouillie bordelaise sur tomate : produits cuivrés contre le mildiou

Pour traiter les tomates à la bouillie bordelaise ou avec un autre produit cuivré contre le mildiou, vérifiez d’abord que le produit est inscrit pour la tomate au Luxembourg. Le registre ASTA inscrit contre le mildiou de la tomate (Phytophthora infestans) deux produits cuivrés : Cuprex 50 % (oxychlorure de cuivre) et Koperhydroxide WG (hydroxyde de cuivre), tous deux agréés jusqu’au 30.06.2030.

Avec Cuprex 50 %, le cuivre apporté par ce produit et par tout autre produit cuivré ne peut pas dépasser 4 kg/ha sur 12 mois. Alternez aussi Cuprex 50 % avec des produits d’un autre mode d’action pour éviter la résistance. Pour la lecture de la fiche de sécurité d’une bouillie bordelaise, voir [lire la FDS et l’étiquette phyto](/lu-fr/lire-etiquette-fds-produit-phyto/).

## Vérifier l’usage tomate autorisé au Luxembourg

Pour rechercher un produit anti-mildiou pour tomates, vérifiez la culture, la cible et les conditions de l’usage luxembourgeois avant toute application.

Utilisez un produit autorisé dans l’État membre concerné et respectez les conditions de son autorisation précisées sur l’étiquette. Ces obligations relèvent des articles 28 et 55 du règlement européen 1107/2009.

## Lutte intégrée : observations et bilan

La **lutte intégrée** relie prévention, observation, décision et bilan. Pour le suivi, utilisez les points de contrôle de la [checklist ASTA V1-IPM-0723](https://agriculture.public.lu/fr/veroeffentlichungen/pflanzen-und-boeden/pflanzenschutz/integrierter-pflanzenschutz.html).

| Point de la checklist | Préparation concrète du dossier |
| --- | --- |
| Prévention et limitation des organismes nuisibles | Retrouvez rotation, conduite, choix variétal, nutrition, irrigation et hygiène concernés. |
| Surveillance | Localisez les observations et leur date. |
| Décision fondée sur la surveillance | Reliez la décision aux constats utilisés. |
| Préférence aux méthodes non chimiques satisfaisantes | Gardez les options examinées avec le conseiller. |
| Ciblage et limitation des effets secondaires | Notez la cible, la méthode et ses effets possibles sur les auxiliaires. |
| Limitation au nécessaire | Décrivez l’intervention effectivement décidée. |
| Prévention des résistances | Listez les modes d’action déjà utilisés et faites vérifier leur alternance. |
| Vérification du résultat | Comparez le suivi après décision avec les observations initiales. |

Pour la tomate, rattachez la prévention au risque observé : humidité et film d’eau pour le mildiou, azote excessif pour l’oïdium. Comparez les nouvelles observations aux foyers repérés avant l’intervention.

## Prochaine étape

Vérifiez la culture et la cible dans le [registre luxembourgeois](/lu-fr/produits-phytopharmaceutiques-autorises-tapes/). Pour un diagnostic approfondi, contactez le [service de phytopathologie de l’ASTA](https://agriculture.public.lu/fr/pflanzen-boeden/laboranalysen/phytopathologie.html) avec vos observations.


