# Mélanges de produits phytosanitaires : eau, rinçage, ZNT, riverains et abeilles

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Reviewed: 2026-10-29

## Mélanges de produits phytosanitaires : quand une autorisation est exigée

**Avant de préparer un mélange, identifiez chaque spécialité.** Vérifiez l’autorisation de l’association, sa compatibilité technique et la classification de chaque composant. Réunissez les étiquettes et les fiches de données de sécurité (FDS), puis comparez les classifications et les conditions d’emploi.

Certains mélanges extemporanés, selon des critères comme la classification des produits, nécessitent une autorisation et figurent alors dans la recherche « mélange » d’E-Phy. Les autres peuvent être réalisés sans décision d’autorisation, tant qu’ils ne relèvent pas des critères d’interdiction.

L’utilisation d’un mélange extemporané relevant des catégories de l’annexe de l’arrêté du 7 avril 2010 est interdite, sauf inscription du mélange sur la liste publiée par l’Anses après évaluation préalable.

Ces catégories sont au nombre de trois. La première regroupe les mélanges contenant un produit étiqueté H300, H301, H310, H311, H330, H331, H340, H350, H350i, H360FD, H360F, H360D, H360Fd, H360Df, H370 ou H372, ou au moins deux produits portant H341, H351 ou H371, ou au moins deux produits portant H373, ou au moins deux produits portant H361d, H361fd, H361f ou H362.

La deuxième regroupe les mélanges contenant au moins un produit de classe 4 pour les risques aquatiques ou terrestres dont la ZNT est de 100 m ou plus.

La troisième regroupe les mélanges utilisés pendant la floraison ou la production d’exsudats qui associent un pyréthrinoïde à un triazole ou à un imidazole.

Dans tout mélange, les prescriptions d’emploi les plus restrictives fixées pour chacun des produits s’appliquent, sans préjudice des conditions particulières d’utilisation prévues par l’inscription du mélange.

Vérifiez les mentions de danger de chaque produit avant de les associer, puis, pour un mélange soumis à autorisation, lancez la recherche « mélange » dans E-Phy.

## Eau et préparation de la bouillie

Avant de mélanger un produit à l’eau dans une cuve, l’utilisateur met en œuvre un moyen de protection du réseau d’eau qui ne permet en aucun cas le retour de l’eau de remplissage vers le circuit d’alimentation, et un moyen d’éviter tout débordement de la cuve.

Après usage, les emballages de produits liquides sont rincés à l’eau claire et le liquide de rinçage est vidé dans la cuve.

Un pH de 7 est neutre, et plus le pH est bas, plus la solution est acide. Le pH et la dureté de l’eau sont deux notions distinctes : une eau dure, riche en calcium, peut avoir un pH variable, y compris inférieur à 7.

Pour les sulfonylurées, les essais ARVALIS de 2013 conduits à pH 3, 6 et 10 ont donné très peu de différences d’efficacité, avec un gain attendu nul. Modifier le pH de la bouillie peut en revanche dégrader la substance active : le flupyrsulfuron est dégradé à pH acide et basique, le metsulfuron uniquement à pH acide.

Le glyphosate est particulièrement sensible à la dureté de l’eau.

DECIS PROTECH se prépare ainsi : remplir aux trois quarts d’eau la cuve du pulvérisateur, mettre en route l’agitation, verser la dose de produit nécessaire, terminer le remplissage de la cuve et maintenir l’agitation jusqu’à la fin de l’application.

Suivez les consignes d’agitation du fabricant, et faites confirmer par votre fournisseur les modalités pratiques du mélange que vous envisagez.

## Fond de cuve et effluents

Le fond de cuve est la bouillie restant dans le pulvérisateur après épandage et désamorçage, qui n’est pas pulvérisable pour des raisons techniques liées à la conception de l’appareil. Les effluents phytopharmaceutiques comprennent les fonds de cuve, les bouillies non utilisables, les eaux de nettoyage du matériel de pulvérisation (rinçage intérieur ou extérieur) et les effluents liquides ou solides ayant été en contact avec les produits.

**Épandage du fond de cuve.** Il est autorisé si le fond est dilué par un volume d’eau au moins égal à 5 fois son volume, et si le fond dilué est épandu, jusqu’au désamorçage, sur la parcelle ou la zone venant d’être traitée, sans que la dose totale appliquée dépasse la dose maximale autorisée pour l’usage.

**Vidange du fond de cuve.** Elle est autorisée dans la parcelle ou la zone venant de recevoir l’application si la concentration en substance active a été divisée par au moins 100 par rapport à la première bouillie, si au moins un rinçage et un épandage ont été effectués comme ci-dessus, et si la vidange respecte l’annexe I de l’arrêté.

**Réutilisation du fond de cuve.** Sous la responsabilité de l’utilisateur, le fond de cuve d’une première application peut servir à appliquer d’autres produits si sa concentration a été divisée par au moins 100 et si au moins un rinçage et un épandage ont été effectués.

**Rinçage externe du pulvérisateur.** Il est autorisé après au moins un rinçage interne de la cuve suivi d’un épandage, dans les conditions de l’annexe I.

L’annexe I interdit tout épandage, vidange ou rinçage à moins de 50 mètres des points d’eau, des caniveaux et des bouches d’égout, et à moins de 100 mètres des lieux de baignade et plages, des piscicultures et zones conchylicoles et des points de prélèvement d’eau destinée à la consommation humaine ou animale.

Elle interdit aussi l’épandage, la vidange ou le rinçage sur sol gelé ou abondamment enneigé et sur les terrains en forte pente, très perméables ou présentant des fentes de retrait. Une même surface ne peut les recevoir qu’une fois par an.

Les effluents qui ne respectent pas ces voies relèvent de l’élimination prévue par la réglementation en vigueur, en particulier les titres Ier et IV du livre V du code de l’environnement.

Un procédé de traitement des effluents doit faire l’objet d’une procédure de reconnaissance dont l’efficacité a été reconnue par un tiers expert.

Choisissez un procédé de traitement reconnu et employez-le dans les conditions de sa reconnaissance.

Le registre d’une installation de stockage ou de traitement des effluents consigne, pour chaque effluent introduit, sa nature, sa dilution éventuelle, la quantité et la date d’introduction, le produit concerné et, en usage commun, le nom de l’apporteur. Il consigne aussi le suivi du procédé (nature, date et durée des opérations) et, pour chaque épandage ou vidange, la quantité, la date, la surface et la parcelle réceptrice ou l’îlot cultural.

Tenez ce registre à jour pour chaque effluent, et notez aussi les opérations d’entretien du procédé.

## ZNT eau et DVP : deux notions différentes

Avant de traiter, repérez sur votre plan les points d’eau à prendre en compte, puis relisez les prescriptions de l’usage du produit.

Les points d’eau sont les cours d’eau définis à l’article L. 215-7-1 du code de l’environnement et les éléments du réseau hydrographique figurant sur les cartes IGN au 1/25 000. Ceux à prendre en compte sont définis par arrêté préfectoral.

La zone non traitée (ZNT) est une bande en bordure d’un point d’eau qui ne peut recevoir aucune application directe du produit. Pour un cours d’eau, elle se mesure à partir de la limite du lit mineur, en dehors des périodes de crue.

Les décisions d’AMM fixent la largeur de ZNT parmi 5, 20, 50 mètres ou, le cas échéant, 100 mètres ou plus. Sans mention de ZNT dans l’AMM ni sur l’étiquette, la ZNT minimale est de 5 mètres.

Le dispositif végétalisé permanent (DVP) est une zone recouverte en permanence de plantes herbacées (DVP herbacé) ou comportant, sur au moins une partie de sa largeur, une haie arbustive continue par rapport au point d’eau (DVP arbustif).

Une ZNT de 20 ou 50 mètres peut être réduite à 5 mètres si deux conditions sont remplies simultanément. La première est un DVP d’au moins 5 mètres de large en bordure des points d’eau : arbustif, avec une haie au moins aussi haute que la culture, en arboriculture, viticulture, houblon et cultures ornementales hautes ; herbacé ou arbustif pour les autres cultures.

La seconde condition est un matériel de réduction de la dérive inscrit sur la liste publiée au Bulletin officiel du ministère de l’Agriculture. Chaque matériel retenu doit diviser par au moins trois le risque pour les milieux aquatiques, soit au moins 66 % de réduction de la dérive.

Les 5 mètres restants de la ZNT ne sont pas traités et doivent être recouverts d’un DVP.

Pour réduire une ZNT, vérifiez que les deux conditions sont réunies sur votre parcelle : DVP en place et matériel inscrit sur la liste officielle en vigueur.

Toute application directe est interdite sur les éléments du réseau hydrographique, y compris les bassins de rétention d’eaux pluviales, les avaloirs, les caniveaux et les bouches d’égout.

## Riverains : AMM et charte

Pour déterminer la distance vis-à-vis des riverains, commencez par l’AMM du produit et l’usage prévu, et distinguez ce que fixe l’AMM de ce qui relève de l’arrêté du 4 mai 2017. Repérez sur le plan les habitations, les lieux accueillant des travailleurs présents de façon régulière et les lieux fréquentés par des personnes vulnérables.

Quand l’AMM du produit ne fixe pas de distance de sécurité spécifique, l’arrêté du 4 mai 2017 impose, pour les traitements des parties aériennes des plantes près des habitations, des lieux accueillant des travailleurs présents de façon régulière et des zones accueillant des personnes vulnérables, trois distances minimales.

La distance est de 20 mètres, sans réduction possible, pour un produit portant l’une des mentions H300, H310, H330, H331, H334, H340, H350, H350i, H360, H360F, H360D, H360FD, H360Fd, H360Df, H370 ou H372, ou contenant une substance active perturbatrice endocrinienne pour l’homme.

Elle est de 10 mètres, sans réduction possible, pour les usages de l’annexe V de l’arrêté.

Pour les autres produits, hors biocontrôle, substances de base et produits à faible risque, le traitement en milieu non fermé exige 10 mètres en arboriculture, viticulture, arbres et arbustes, forêt, petits fruits, cultures ornementales de plus de 50 cm, bananiers et houblon, et 5 mètres pour les autres utilisations agricoles et non agricoles.

Ces dernières distances peuvent être adaptées si l’application s’effectue dans le cadre d’une charte d’engagements départementale approuvée, avec un matériel réduisant la dérive selon le niveau d’efficacité de l’annexe IV.

Pour une adaptation, vérifiez qu’une charte départementale est approuvée et que votre matériel, buse comprise, est inscrit au niveau de réduction requis, dans la variante reconnue.

Pour les distances adaptées, en arboriculture un matériel réduisant la dérive de 66 % ou plus ramène la distance à 5 mètres. En viticulture et pour les autres cultures du premier palier de 10 mètres, une réduction de 66 à 75 % donne 5 mètres et une réduction de 90 % ou plus donne 3 mètres. Pour les utilisations du palier de 5 mètres, une réduction de 66 % ou plus donne 3 mètres.

## Buses anti-dérive : modèle et conditions

Pour vérifier une buse anti-dérive, ouvrez la note de service en vigueur et retrouvez la ligne du matériel exact que vous utilisez.

La liste en vigueur des matériels de réduction de la dérive est celle de la note de service DGAL/SDSPV/2026-404 du 11 juillet 2026, d’application immédiate, qui abroge la note DGAL/SDSPV/2025-694.

Un matériel est inscrit pour un niveau minimal de réduction de la dérive de 66, 75, 90, 95 ou 99 %.

Pour les cultures basses, la liste identifie chaque buse par sa marque commerciale, son modèle, son calibre, son type et sa hauteur, avec les pressions d’utilisation en bar pour chaque niveau de réduction.

Comparez ces cinq informations avec votre buse, puis lisez la pression qui correspond au niveau de réduction que vous cherchez.

Les buses pour appareils à rampe doivent équiper l’intégralité des positions sur la rampe, avec par défaut un espacement de 50 cm entre buses.

Si les conditions d’emploi du matériel ne sont pas réunies, le matériel ne peut pas être utilisé pour adapter la ZNT ou la distance de sécurité.

Pour certains matériels de viticulture et d’arboriculture, le niveau de réduction exige un passage dans tous les rangs, et non un rang sur deux, avec le ventilateur réglé à sa vitesse minimale au régime de prise de force préconisé par le constructeur.

L’outil gratuit « Choix des buses et réglage du pulvérisateur » d’ARVALIS indique si la buse choisie (marque et modèle) est homologuée anti-dérive, et relie le volume de bouillie, la vitesse d’avancement et le débit.

Dans l’outil, ouvrez la section adaptée à votre équipement (cultures basses, vigne ou arboriculture), sélectionnez la marque et le modèle de la buse, puis croisez calibre, pression et vitesse pour trouver le volume par hectare et sa plage d’utilisation.

## Floraison et abeilles : autorisation et horaire

En floraison, vérifiez d’abord que le produit est autorisé pour cet usage et lisez ses conditions pour les pollinisateurs.

Depuis le 1er janvier 2022, l’arrêté du 20 novembre 2021 encadre l’autorisation et l’utilisation de tous les produits phytopharmaceutiques en période de floraison, fongicides et herbicides compris, ainsi que leurs adjuvants, à l’exception des produits d’éclaircissage.

Sur une culture attractive en floraison ou sur une zone de butinage, seul un produit spécifiquement évalué et autorisé pour cet usage s’emploie, entre 2 heures avant et 3 heures après le coucher du soleil. L’heure du coucher du soleil est celle de l’éphéméride de la station la plus proche. Les autres conditions d’AMM pour la protection des abeilles restent applicables.

La plage horaire s’adapte dans trois cas : un nuisible à activité exclusivement diurne que la plage ne permet pas de traiter efficacement, un traitement fongicide urgent, ou un arrêté de lutte obligatoire qui adapte les conditions d’emploi. Le motif, l’heure de début et l’heure de fin du traitement sont consignés dans le registre phytosanitaire.

Les cultures non attractives figurent sur une liste publiée au Bulletin officiel du ministère de l’Agriculture ; toutes les autres sont considérées comme attractives.

Une culture est en floraison de l’ouverture des premières fleurs à la chute des pétales des dernières fleurs.

Consultez la liste des cultures non attractives pour savoir où se situe la vôtre, et regardez aussi s’il y a une zone de butinage autour.

Une zone de butinage est une zone autre que celle occupée par une culture en production, manifestement attractive pour les pollinisateurs : couvert végétal d’une culture pérenne, couvert entre deux cultures annuelles, CIPAN, flore des bords de parcelles, jardin, espace vert ou infrastructure. Elle est traitée aux mêmes conditions qu’une culture attractive en floraison.

Avant un traitement insecticide ou acaricide sur une culture pérenne, les parties attractives du couvert présent dessous doivent avoir été rendues non attractives, par exemple par fauchage ou broyage. Pour un fongicide, l’arrêté ne prévoit pas de restriction liée au couvert fleuri.

Tous les modes d’application sont concernés : pulvérisation, poudrage, aspersion, irrigation, badigeon. Les pièges et diffuseurs de phéromones échappent à la contrainte horaire.

Vérifiez la règle pour votre technique d’application, et calculez l’heure du coucher du soleil avec l’éphéméride de la station la plus proche.

Les produits de biocontrôle, à faible risque ou utilisables en agriculture biologique ne bénéficient d’aucune exemption.

Une serre rendue inaccessible aux abeilles domestiques et aux autres pollinisateurs pendant toute la période d’attractivité n’est pas soumise à l’arrêté.

## Prochaine étape

[Calculez la bouillie après avoir vérifié le mélange](/fr/calcul-bouillie-pulverisateurs/).


