# Traitement phytosanitaire : mélanges de produits phytosanitaires et lavage

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Reviewed: 2026-10-29

## Traitement phytosanitaire : du constat de terrain au relevé de l’intervention

Un **traitement phytosanitaire** professionnel se découpe en trois temps : avant le traitement (autorisation du produit, météo, quantités, matériel), pendant (tenue de protection, voisinage, zones tampons) et après (reste de bouillie, rinçage, délais de réentrée). Lis et suis l’étiquette : elle donne le mode d’emploi et les mesures de précaution nécessaires à une utilisation sûre. Prévois la préparation de la bouillie, la pulvérisation et le nettoyage dans le même chantier, et consigne les informations de suivi après l’intervention.

### Vérifier l’usage belge avant la préparation

Vérifie que le produit est autorisé pour la culture et l’application envisagée, avec les mesures d’atténuation correspondantes. Utilise le [guide Phytoweb](/be-fr/fytoweb/) pour retrouver la référence et les documents belges. N’utilise pas, dans la même culture, plusieurs produits basés sur la même substance active : l’évaluation des risques suppose un seul produit commercial.

### Examiner le lieu et le créneau de travail

La température optimale pour appliquer les produits se situe entre 5 °C et 20 °C ; le matin ou le soir, l’humidité de l’air est d’au moins 60 %. N’applique pas s’il pleut ou si de la pluie est annoncée : le produit serait rincé et rejoindrait les eaux de surface et souterraines.

L’application ne peut débuter que si le vent a une vitesse inférieure ou égale à 20 km/h (5,56 m/s). Par vent fort (plus de 10-15 km/h), l’application est déconseillée.

Pendant l’application, prends garde aux terrains privés, cultures, talus et cours d’eau voisins, ainsi qu’aux surfaces à fort risque de ruissellement vers les eaux de surface ; les passants ne doivent pas se retrouver dans le brouillard de pulvérisation. Respecte toujours une zone tampon standard minimale d’un mètre pour les cultures horizontales et de trois mètres pour les cultures verticales.

### Préparer ensemble le matériel et les quantités

Calcule précisément les quantités de produit et d’eau d’après la superficie à traiter : le calcul tient compte de l’étalonnage de l’appareil (voir le [guide d’étalonnage](/be-fr/etalonnage-pulverisateur/)), de la dose de produit autorisée et de la surface. Évite les excès.

Le matériel de pulvérisation doit être en bon état et bien fonctionner. Avant toute réparation, éteins l’appareil ou relâche la pression, et porte des vêtements de protection.

Pour remplir la cuve, un système anti-débordement et un système anti-retour sont obligatoires, et il est interdit de prélever l’eau directement dans un cours d’eau, un étang ou toute eau de surface ou souterraine.

### Préparer les protections avant d’ouvrir les contenants

Porte une tenue adaptée dès l’ouverture de l’emballage ; l’étiquette indique la tenue de protection. Utilise des gants résistants aux produits chimiques : en nitrile ou en néoprène, longs d’environ 30 cm pour couvrir les avant-bras, reconnaissables à l’icône EN 374-1 ou ISO 18889. En règle générale, il est interdit de boire, manger ou fumer pendant l’utilisation des produits. Équipement détaillé par tâche : [guide EPI](/be-fr/epi-produits-phytosanitaires/).

### Après l’application : préparer la suite du travail dans la culture

Si de la bouillie reste après le traitement, dilue-la avec de l’eau puis pulvérise-la sur les végétaux déjà traités. Garde la tenue de protection jusqu’à ce que tout le matériel soit nettoyé et rangé, puis prends une douche ou lave-toi au moins les mains et le visage.

Respecte les délais de réentrée indiqués sur l’étiquette et informe ton personnel et les membres de ta famille du traitement et des risques associés. Avant le retour de quelqu’un dans la culture, vérifie les délais et les protections propres au travail prévu. Quand l’inspection, la taille, l’éclaircissage ou la récolte doivent avoir lieu avant la fin du délai d’attente, le port de gants de protection et/ou d’un vêtement de protection de base est obligatoire. Les gants GR ne conviennent pas à la manipulation de végétation humide, par exemple dans une culture mouillée.

### Consigner la surface réellement traitée

Pour une intervention localisée, inscris la surface réellement traitée, même si elle ne couvre qu’une partie de la parcelle.

Enregistre le nom et le numéro du produit, la date, la dose, la culture, la localisation et les compléments requis pour l’usage. Pour les applications de **2026**, le papier et l’électronique sont admis. Le [registre wallon](/be-fr/registre-phytosanitaire-wallonie/) détaille le dossier local.

## Mélanges de produits phytosanitaires : préparer une cuve avec les bonnes références

Lorsque deux ou plusieurs produits sont mélangés, on parle de « mélange » ou de « préparation ». Il n’existe pas en Belgique de législation spécifique aux **mélanges de produits phytosanitaires**, et donc aucun tableau légal de mélanges. Prépare donc la cuve avec les références exactes des produits et demande une recommandation sur leur association : un tableau fondé uniquement sur le nom des substances ne décrit pas toutes ces dimensions. On mélange plusieurs produits dans la cuve pour éviter la résistance à certaines substances actives, optimiser le passage, gagner en efficacité ou assurer une synergie entre les produits. Le mélange peut aussi entraîner des réactions physico-chimiques, de l’agressivité, une perte de sélectivité sur les cibles, une phytotoxicité sur la culture et/ou une dangerosité pour la santé humaine ou l’environnement. Des adjuvants, mouillants, agents antimousses ou autres additifs peuvent être ajoutés à la bouillie.

### Mélange extemporané ou préparation commerciale : décrire l’association

Un mélange préparé au champ ou à la ferme juste avant l’application, donc non commercialisé en mélange, est un « mélange extemporané ». Des mélanges de produits peuvent aussi être commercialisés en association (« twin pack », « combi pack »). Dans le dossier du chantier, décris l’association réellement envisagée plutôt que de la présenter comme une référence unique déjà documentée.

### Formulations : pourquoi l’ordre d’incorporation compte

Respecter l’ordre d’incorporation des différents types de formulation garantit l’homogénéité de la bouillie et la non-obstruction du matériel. Les adjuvants (mouillants, adhésifs, synergistes, phytoprotecteurs) ne se confondent pas avec les coformulants d’un produit phytopharmaceutique. Demande l’ordre d’incorporation de ton association au centre pilote, à l’organisme d’encadrement ou au spécialiste qui l’examine.

## Lavage du pulvérisateur en Wallonie : suivre les effluents et les preuves

Le remplissage et le nettoyage interne et externe du pulvérisateur se font au champ, sur une aire enherbée ou sur une aire étanche. Sur une aire étanche, les effluents phytopharmaceutiques sont collectés en vue d’être traités : stockage en attente d’un collecteur agréé, stockage en attente d’un traitement sur place par un prestataire de services, ou système de traitement (individuel ou collectif). Quelle que soit la solution, un registre de gestion des effluents phytopharmaceutiques doit être complété. Prévois la destination des eaux avant de laver le pulvérisateur.

Les utilisateurs professionnels déclarent annuellement la façon dont ils gèrent leurs effluents, via le formulaire de l’annexe 3 ou la demande unique.

Le [parcours PROTECT’eau sur le remplissage et le nettoyage](https://www.protecteau.be/fr/remplissage-et-nettoyage-du-pulverisateur) détaille les conditions applicables à tout pulvérisateur d’une capacité de plus de 20 litres. Le **registre de gestion des effluents phytopharmaceutiques** de PROTECT’eau est un exemple de registre pour répondre à l’obligation de consigner la façon dont sont gérés ces effluents. Ouvre le parcours, puis repère le lieu de rinçage, la destination des liquides et les intervenants ; pour le suivi, utilise les rubriques de ce registre.

### Délimiter les opérations et le matériel concernés

Avec un matériel d’une capacité supérieure à **vingt litres**, applique les conditions wallonnes de manipulation au remplissage, à la préparation et au nettoyage.

### Reconnaître les différentes familles d’effluents

Les effluents phytopharmaceutiques comprennent les fonds de cuve, les fonds résiduels, les bouillies inutilisables et les eaux polluées par les produits. Les eaux du nettoyage interne et externe entrent dans cette dernière famille. Ces effluents sont généralement produits lors des opérations de remplissage, de rinçage et de nettoyage du pulvérisateur.

Le tableau « Opérations de maintenance » est à compléter par les personnes qui utilisent leur propre système de traitement.

### Choisir le lieu avec son circuit d’eau

Effectue les manipulations au champ, sur un sol couvert de végétation herbacée ou sur une aire étanche. Empêche les eaux polluées d’atteindre les eaux de surface ou souterraines, une prise d’eau, un piézomètre ou un égout public. Sur une aire aménagée, le réseau doit permettre de séparer les eaux polluées des eaux pluviales.

Sur une aire partagée, les autres eaux et polluants ne sont pas mélangés aux effluents phytopharmaceutiques, et l’aire ne sert pas à plusieurs usages en même temps : réalise-les à des moments distincts et conserve les consignes de fonctionnement qui expliquent le changement d’activité et la séparation des circuits. La longueur et la largeur de l’aire étanche ou enherbée sont au moins égales à celles du matériel de pulvérisation, rampes repliées, augmentées de trois mètres.

### Rincer les emballages vidés

Rince trois fois les emballages vidés avec de l’eau claire. Verse cette eau dans la cuve pour préparer la bouillie. Un dispositif de rinçage embarqué ou raccordable à la cuve peut réaliser cette opération.

### Fonds de cuve : comprendre la condition de dilution

Après le traitement, divise par au moins **cent** la concentration en substances actives du fond de cuve initial, conformément à l’article 16. Chaque dilution est appliquée sur la parcelle ou la zone venant d’être traitée, jusqu’au désamorçage.

Réalise au champ les étapes de dilution avant vidange. Prévois cette opération avant le retour, pour ne pas l’improviser sur une cour de ferme, et conserve les renseignements de la machine et la procédure réellement appliquée pour expliquer ta méthode. Le fond de cuve résiduel restant après désamorçage, dilué au moins 100 fois, est appliqué sur le champ ou sur un sol recouvert de végétation herbacée, traité par un système de traitement des effluents, ou stocké en vue d’un traitement par un prestataire externe ou d’un enlèvement par un collecteur agréé.

### Bouillie inutilisable et résidu non dilué : suivre une autre destination

Les bouillies inutilisables et les fonds de cuve non dilués sont collectés et stockés dans un contenant d’un volume au moins égal à celui de la cuve et sans trop-plein, ou maintenus dans la cuve du pulvérisateur, en vue de leur élimination par un collecteur agréé, d’un traitement par un prestataire externe ou d’un système de traitement adapté.

### Stocker les effluents avant traitement

L’installation de stockage est étanche, résistante à la corrosion, dépourvue de trop-plein et de conduite aboutissant vers l’extérieur, et constituée d’un matériau résistant mécaniquement et chimiquement. Elle peut être aérienne ou enterrée. Vérifie sa résistance à la corrosion avant d’y recueillir les effluents.

### Registre : relier l’opération, l’auteur et la destination

Tiens un registre de gestion des effluents. Inscris le type d’opération, la date, les quantités concernées et les produits présents le cas échéant. Ajoute l’opérateur et la méthode de traitement. Consigne maintenance, renouvellement du substrat, réparation, stockage tampon, traitement et enlèvement.

Choisis ton support : carnet de champ, facturier ou logiciel. Si tu stockes ou traites les effluents, ajoute leurs quantités, la méthode de traitement et les interventions du prestataire.

### Télécharger le registre des effluents phytopharmaceutiques en PDF

Télécharge le [registre de gestion des effluents phytopharmaceutiques en PDF](https://www.protecteau.be/sites/default/files/2021-07/Registre_gestion%20_effluents%20phyto.pdf) pour compléter le dossier du traitement phytosanitaire. Identifie ton installation, puis remplis les tableaux de nettoyage, de prise en charge externe et de maintenance.

### Identifier le responsable et le mode de gestion

Indique le **nom**, le **prénom** et le **numéro de phytolicence** du responsable de l’installation. Précise ensuite le mode de gestion : système propre de traitement, collecteur agréé ou prestataire de service. Pour le système, le fonctionnement peut être biologique, par évaporation ou physico-chimique.

Pour le **stockage avant traitement**, coche oui ou non et renseigne le **volume de la citerne en litres**. Les quantités enlevées vont dans le tableau « Traitement par prestataire externe ou enlèvement par collecteur agréé ».

### Prestataire ou collecteur : garder la preuve de prise en charge

Pour chaque traitement externe ou enlèvement, inscris la **date** et la **quantité d’effluents traitée ou enlevée**. Tu peux remplacer ce tableau par des bordereaux ou factures portant la date et la quantité correspondantes.

### Maintenance : tracer réparation et renouvellement

Pour chaque intervention de maintenance, inscris la date et l’opération : réparation, renouvellement ou réalimentation du substrat, remplacement de consommables ou entretien périodique. Lorsque toutes les interventions sont réalisées par une firme privée, conserve les documents qui les attestent à la place du tableau.

Le système de traitement doit être dimensionné de manière adéquate selon ses spécifications ; les éléments du dimensionnement restent à disposition des agents, par exemple un compte rendu de visite technique : conserve-les. Les substrats d’un système biologique sont éliminés en mélange avec des effluents d’élevage solides ou des composts, à raison d’un mètre cube maximum par hectare de culture ou de prairie ; supports filtrants, membranes, filtres et concentrés suivent la législation sur les déchets dangereux. Sépare ces déchets des autres et prévois leur destination selon le fonctionnement du système.

### Conserver les preuves du nettoyage

Pour chaque rinçage ou nettoyage, note le type d’opération, la date, le nom de l’opérateur et les produits présents dans l’effluent. Ces renseignements sont à conserver aussi pour un nettoyage au champ ou sur aire enherbée. Les abréviations NI et NE peuvent désigner le nettoyage interne et externe.

## Étape suivante

[Enregistrer l’application dans le registre wallon](/be-fr/registre-phytosanitaire-wallonie/).


